A la suite de la communauté nationale, les femmes de l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE) ont célébré ce lundi 9 mars 2026, la journée internationale de la femme. L’événement qui était placé sous la présidence de Me Moustapha CISSE, président de l’AIGE, a donné lieu à une conférence débat sur l’Histoire du 8 mars, animé par l’ancienne ministre Mme Bouaré Bintou Founé SAMAKE, militante des droits de l’homme, des droits de la femme. C’était sous la modération de Mme Nana SANOU, commissaire de l’AIGE et en présence de tous les commissaires membres du collège de l’AIGE.
Dans son mot de bienvenue, Me Moustapha CISSE, a souligné que le droit de la femme constitue, pour nous, une source intéressante d’action et d’activité.
Il ressort de son propos que c’est pour la première fois que le 8 mars est célébré à l’AIGE depuis sa création en janvier 2022.
Au passage, il a invité les conférencières, au-delà l’historique du 8 mars, à se pencher sur la participation de femme dans le processus électoral ainsi que leur représentativité au sein de l’AIGE.
« Au sein des effectifs de l’AIGE, il y a 6460 personnes qui y travaillent dont 5523 hommes et 937 femmes », a-t-il précisé, invitant les participantes à ouvrir la perspective du 8 mars par rapport au rôle et aussi à la place de la femme dans l’organisation et la gestion des élections.
Avant de terminer, il a exprimé les admirations et le respect de l’AIGE ainsi que des autorités de transition aux femmes du Mali.
« Nous sommes dans un contexte de transition qui, nécessairement, va se terminer par l’organisation et la tenue d’élections », a-t-il assuré.
Selon lui, nous célébrons ce 8 mars à travers la mémoire de beaucoup d’autres dames qui ont donné de leur corps, de leur vie et de leur temps pour que la femme malienne soit au rendez-vous de ce jour qui n’est pas un jour qui va s’arrêter.
Pour Mme Nana SANOU, le plus important, c’est de savoir d’abord pourquoi le 8 mars a été instauré comme Journée de la Femme et qu’est-ce qui entre dans le cadre de cette Journée de la Femme.
A la suite de ces différentes interventions, la première conférencière, Mme Djepkilé Maïmouna Djancoumba DEMBELE, membre de la CNDH, a axé son intervention sur l’historique de la Journée.
A l’entame de son propos, elle a rendu hommage aux pionnières de la lutte pour l’émancipation de la femme au Mali, parmi lesquelles, l’ancienne ministres Bintou Founé SAMAKE ; Mme Nana SANOU, etc.
« Ce qui sera vraiment intéressant et inspirant, à mon avis, ce sera d’apprendre de leur histoire, de ce qu’elles ont mené », a-t-elle déclaré.
Après avoir fait un aperçu du combat pour la promotion des droits de la femme et de l’enfant, Djepkilé Maïmouna Djamcoumba DEMBELE, a reconnu que les femmes maliennes ont été les premières dans la sous-région à commémorer le 8 mars, juste après cette décision des Nations Unies de faire du 8 mars en 1977 la journée internationale des femmes.
Au passage, elle s’est appesanti sur le contexte malien marqué par un processus de refondation.
« Je pense qu’il est temps, pour les femmes, de démystifier le 8 mars et de dire que ce n’est pas la fête des femmes, mais le 8 mars, c’est la journée internationale des droits des femmes », a-t-elle conseillé.
Dans notre contexte de refondation, a-t-elle déploré, il y a une vraie remise en question de toutes ces valeurs avec la géopolitique actuelle.
De son avis, le discours anti-genre, anti-droits des femmes, le discours anti-égalité n’a jamais eu autant d’écho que maintenant sous la transition en rupture avec les valeurs occidentales
« Nous devons faire attention et faire en sorte que cette rupture avec des valeurs dites occidentales ne touche pas les droits des femmes. Parce que les droits des femmes ne peuvent pas être que pour les femmes blanches », a-t-elle prévenu.
Pour sa part, l’ancienne ministre Bintou FOUNÉ a souligné que la célébration de cette journée vise à mettre les projecteurs sur des questions qui sont plus frappantes et qui préoccupent beaucoup, les questions des droits des femmes et voir comment combler les lacunes par rapport à l’exercice de ces droits.
Par Abdoulaye OUATTARA