A l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose, célébrée chaque 24 mars, le ministère de la Santé et du Développement social a animé une conférence de presse consacrée à l’état de la maladie au Mali. L’édition 2026 est placée sous le thème : « Oui, nous pouvons mettre fin à la tuberculose ». Les conférenciers étaient entre autres : Adama Diamouténé, conseiller technique au ministère en charge de la Santé ; le Pr Yacouba Toloba, représentant du CHU du Point G ; le Pr Mamadou DIOP, représentante de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Dr Niaboula KONE…
Selon les conférenciers, au plan national la situation de la tuberculose reste globalement alignée sur la tendance mondiale. En 2025, 9 103 cas de tuberculose toutes formes confondues (nouveaux cas et rechutes) ont été notifiés, soit un taux de 38 cas pour 100 000 habitants, contre 37 cas pour 100 000 habitants en 2024. Au cours de cette conférence, les spécialistes en santé ont informé que 85 % des cas de tuberculose ont été traités avec succès en 2024.
Les données révèlent également un sex-ratio de 1,96 en faveur des hommes, confirmant une prédominance masculine parmi les personnes touchées.
Malgré les défis persistants, les autorités sanitaires se félicitent des progrès réalisés. En moyenne, près de 11 000 cas sont enregistrés chaque année, dont environ 8 000 sont effectivement détectés. Le taux de succès thérapeutique atteint 85 %, un indicateur jugé satisfaisant par les responsables du programme.
« La tuberculose demeure un défi majeur de santé publique », a souligné le conseiller technique, appelant à renforcer la mobilisation et la réflexion collective pour intensifier la lutte contre la maladie.
Un engagement politique et communautaire affirmé
Quant à Mamadou Diop, il a soutenu que les efforts déployés portent leurs fruits à plusieurs niveaux. « La lutte contre la tuberculose se porte bien, avec un engagement politique fort et l’adoption de politiques adaptées », a-t-il affirmé. Il a également souligné que les équipes régionales, appuyées par une forte implication communautaire, contribuent activement à la prévention, au dépistage et à la prise en charge des patients.
Sur le plan clinique, le Pr Yacouba Toloba a rappellé que la tuberculose est une maladie infectieuse chronique pouvant atteindre plusieurs organes. Toutefois, rassure-t-il qu’elle reste évitable et curable grâce à des stratégies de prévention et à un traitement adéquat. Il a souligné néanmoins que la tuberculose pédiatrique demeure sous-diagnostiquée, en raison de la complexité du diagnostic chez l’enfant. Par ailleurs, la gravité de la maladie dépend en grande partie de l’organe atteint.
Gratuité des soins, mais des défis persistants
Les autorités sanitaires insistent sur la gratuité du diagnostic et du traitement de la tuberculose au Mali. Une mesure, selon les conférenciers, visant à réduire le coût supporté par les patients. Toutefois, Yacouba Toloba soutient que les séquelles post-traitement restent à la charge des malades.
Aux dires des conférenciers, l’intervention du secteur privé à but non lucratif reste peu timide dans la lutte contre la tuberculose malgré l’organisation d’un forum par le département de tutelle pour une implication de ce secteur.
Selon le Pr Yacouba Toloba, notre pays dispose de 110 centres de diagnostic et de traitement (CDT), dont deux cliniques privées spécialisées. Malgré cette couverture, déplorent-ils que de nombreux cas sont encore détectés tardivement, ce qui complique la prise en charge.
Au niveau international, le Dr Niaboula KONE indique que l’élimination de la tuberculose à l’horizon 2030 demeure une priorité de l’OMS. En 2025, environ 10,5 millions de nouveaux cas ont été recensés dans le monde, avec une baisse de 2 % des nouvelles infections.
PAR SABA BALLO