A la veille de la mise en œuvre du nouveau Plan Décennal de Développement Sanitaire et Social (PDDSS) 2026-2035, le Mali s’attaque à un défi majeur : garantir un accès équitable aux soins pour les personnes vivant avec un handicap. A cet effet, un atelier d’analyse a posé les bases de cette transformation nécessaire, hier mardi 19 mai 2026 au siège de la FEMAPH, à Bakaribougou.

Initié par la Fédération malienne des associations de personnes handicapées (FEMAPH), en partenariat avec l’ONG Sightsavers, l’ouverture des travaux était présidée par le représentant du ministre de la Santé et du développement social, Adama DIAMOUTENE. C’était en présence de la vice-présidente de la FEMAPH, Mme Konaté Zeïnabou GUISSE, membre du CNT ; du représentant de l’ONG Sightsavers, Daouda KONE, etc.
Malgré les efforts consentis lors des précédents cycles de planification sanitaire, le constat reste sans appel au Mali : l’accès aux services de base demeure inégal, particulièrement pour les populations les plus vulnérables. C’est pour corriger ces disparités qu’un atelier stratégique est organisé afin d’analyser le futur PDDSS (2026–2035) sous le prisme de l’équité en santé pour les personnes handicapées.
Selon le rapport mondial de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) publié en décembre 2022, environ 1,3 milliard de personnes, soit 16 % de la population mondiale, vivent avec un handicap. Leurs conditions de vie sont marquées par des barrières systémiques : obstacles physiques, contraintes financières, difficultés de communication ou encore discriminations comportementales.
L’impact de ces barrières est dramatique. Le rapport de l’OMS souligne un risque accru de morbidité et une mortalité prématurée pouvant survenir jusqu’à 20 ans plus tôt que dans la population générale.
Des inégalités révoltantes puisque, pour la plupart, elles découlent de facteurs évitables et de défaillances des systèmes de santé.
Pour les initiateurs de cette rencontre, « le PDDSS 2026–2035 constitue une opportunité stratégique majeure pour intégrer de manière systématique la dimension du handicap et renforcer l’équité en santé. »
Pour y parvenir, l’OMS recommande trois leviers d’action que le Mali tente de s’approprier, à savoir : Placer l’équité au cœur des politiques et des interventions de santé ; Garantir la participation effective des personnes handicapées et des organisations qui les représentent dans les processus décisionnels.
Et enfin renforcer les mécanismes de suivi et d’évaluation des actions entreprises.
L’enjeu de cet atelier dépasse la simple révision technique d’un document administratif. Il s’agit de poser les fondations d’un système de santé plus juste, plus solidaire et résolument inclusif, où le handicap ne sera plus synonyme de vulnérabilité face à la maladie.

Par Abdoulaye OUATTARA

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