Le vice-Premier ministre et ministre ivoirien de la Défense, Téné Birahima OUATTARA, en marge du salon international de la défense et de la sécurité Eurosatory 2026, a déclaré ce mardi 16 juin 2026, que son pays est disposé à rétablir la coopération sécuritaire avec le Mali et le Burkina Faso, membre de la confédération de l’Alliance des Etats du Sahel (AES).
Le représentant du gouvernement ivoirien, Téné Birahima OUATTARA, participe au Parc des expositions de Paris-Nord Villepinte du 15 au 19 juin au salon international de la défense et de la sécurité Eurosatory.
A cette rencontre prennent plus de 330 délégations officielles de 93 pays.
En marge de ce salon, le vice-Premier ministre ivoirien à la fois ministre de la Défense a abordé la question d’un terrorisme en Afrique, en particulier au Sahel.
En effet, son pays partage des frontières avec le Mali et le Burkina Faso, en proie à l’insécurité entretenue par les groupes terroristes. Leur présence dans cette zone est une menace aussi pour la stabilité de la Côte d’Ivoire.
Donc, pour Téné Birahima OUATTARA, cette menace est transnationale, tout en défendant l’idée qu’aucun État ne peut, seul, espérer venir à bout du phénomène jihadiste qui frappe la région.
« Je reste convaincu d’une chose : le terrorisme, tel qu’il se présente actuellement, ne peut être vaincu par un État. Il faut qu’il y ait une collaboration, une mutualisation des forces », a-t-il déclaré.
Cette position s’appuie sur un constat partagé par plusieurs chancelleries de la région en se fondant sur la porosité des frontières et la mobilité des groupes armés, notamment le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) qui rendent illusoire toute réponse strictement nationale à la menace sécuritaire.
Or, depuis quelques années, c’est le désamour entre la Côte d’Ivoire les deux membres de l’AES, à savoir le Mali et le Burkina Faso, consécutif au changement régime dans ces deux pays, mais également aux sanctions prises à l’encontre du Mali.
La volonté exprimée par le vice-Premier ministre ivoirien d’établir les relations avec les pays de l’AES dans la lutte contre le terroristes s’inscrit également dans l’agenda de la CEDEAO.
L’Organisation sous régionale, à laquelle se sont retirés les membres de l’AES, estime qu’une lutte efficace contre le terrorisme ne peut réussir dans les trois pays.
Téné Birahima Ouattara a néanmoins rappelé qu’un cadre de coopération militaire avait, par le passé, été engagé avec le Burkina Faso.
« Avec le Burkina, par exemple, on a engagé la possibilité de pouvoir mener des opérations communes ensemble. Il y a eu un arrêt que je qualifierais de brutal, et depuis, il n’y a rien du tout », a-t-il précisé, situant cette rupture en juin 2024.
Tout en reconnaissant cette interruption, le ministre a affirmé que la dynamique de coopération antérieure restait, à ses yeux, pertinente face aux défis sécuritaires actuels.
«C’est souhaitable que nous puissions avoir ce type de partenariat pour essayer de faire face au terrorisme », a-t-il indiqué.
Le chef de la diplomatie de défense ivoirienne a affirmé que son pays se tenait prêt à reprendre ces échanges sécuritaires, à condition que ses voisins maliens et burkinabè en manifestent également la volonté. Une posture qui laisse la porte ouverte à un éventuel réchauffement des relations, sans pour autant fixer de calendrier précis ni de cadre formel de reprise des discussions.
PAR SIKOU BAH