La plateforme nationale pour la promotion de la gestion hygiénique menstruelle (PNP-GHM) a célébré ce jeudi 18 juin 2026 la journée mondiale de l’hygiène menstruelle. Le thème national retenu cette année, pour magnifier la journée commémorée chaque 28 mai, est « Culture et gestion de l’hygiène menstruelle : Intégrer les valeurs socioculturelles ».
La cérémonie a enregistré la présence de M. Bana Moussa BAGAKHA, chargé de mission au ministère de l’Éducation nationale ; de Bassem SAADALLAOUI, représentant de l’UNICEF au Mali; de BARRY Aminata TOURE, présidente de la plateforme nationale de la gestion de l’hygiène menstruelle (PNP-GHM).
Selon Mme BARRY, le Mali est un pays de culture et de traditions, ainsi, ce thème au niveau national répond aux préoccupations des militants pour zéro tabou concernant la gestion de l’hygiène menstruelle.
C’est pourquoi elle demande l’appui du ministère en charge de la Culture et l’implication des chefs coutumiers et leaders communautaires pour les stratégies en cours pour la promotion de la gestion de l’hygiène menstruelle.
Pour la présidente de la plateforme, la date du 28 mai n’est pas anodine, elle a été choisie à l’image des cycles menstruels qui comptent en moyenne 28 jours, et le temps des règles pour une durée d’environ 5 jours par mois, reflétant ainsi le 5ème mois de l’année, d’où le mois de mai.
À cet effet, le but de la célébration de cette journée est de rompre le silence, de promouvoir la gestion de l’hygiène menstruelle et de renforcer le plaidoyer auprès des décideurs. C’est aussi, selon Aminata TOURE, un moment de mobilisation, de plaidoyer et d’engagement collectif autour de l’HM.
Toutefois, elle a expliqué que des milliers de filles et de femmes dans le monde en période de menstrues connaissent des difficultés, notamment le faible pouvoir d’achat des protections hygiéniques et des produits antidouleur, l’accès à l’eau et à des sanitaires.
En plus de cela, Mme BARRY a indiqué que la gestion des déchets menstruels en milieu scolaire est confrontée à de véritables défis dans notre pays. Il s’agit notamment de l’absence de latrines adaptées, l’insuffisance voir l’absence de points d’eau potable, de kits d’hygiène menstruelle, l’absence de service de collecte et l’élimination des déchets etc.
Selon elle, ces défis ont des conséquences sur les filles en milieu scolaire tels que: l’absentéisme, les difficultés de concentration pendant les cours, les risques de contracter des infections génitales qui peuvent compromettre leur vie et les empêcher de profiter de possibilités d’égalité de chance.
« Les filles et femmes en situation de handicap et les déplacées internes sont les plus marginalisées pendant leurs périodes de menstrues » a souligné la présidente de la plateforme.
Pour sa part, M. Bassem SAADALLAOUI a ajouté que cette gestion de l’hygiène menstruelle des filles à l’école est un investissement dans leur avenir. Lors de cette cérémonie, le représentant de l’UNICEF a indiqué que le manque de latrines séparées et propres, d’eau, de savon et de serviettes hygiéniques à l’école se traduit par un absentéisme scolaire estimé à 20 %.
De son côté, M. Bana Moussa BAGAKHA a souligné que l’hygiène menstruelle est une question de santé publique, d’éducation et de droits humains. C’est pourquoi, il invite les parents, les enseignants, les leaders communautaires, les partenaires financiers et techniques à renforcer les efforts afin de promouvoir une meilleure compréhension de la santé menstruelle en combattant les stigmatisations qui l’entourent.
Cette journée de célébration a été marquée par des prestations artistiques ; sketchs de sensibilisation et remise symbolique de kits hygiéniques.
PAR AMINA SISSOKO