La 3e édition de la Rencontre annuelle des services du Trésor (RAST) s’est tenue du 17 au 18 juin 2026 à l’Hôtel Salam de Bamako, sous la présidence du ministre de l’Économie et des Finances, Alousseini SANOU. L’occasion pour le directeur général du Trésor de faire l’état des finances, en affirmant que le stock des instances de paiement au Trésor public s’établit désormais à 231,5 milliards de FCFA, contre 475,6 milliards à la même période en 2025.
Placée sous le thème « Gestion efficace de la trésorerie : levier stratégique de la gestion des finances publiques », cette édition a été marquée par la participation des acteurs des finances publiques, des organisations de la société civile, des organismes personnalisés…
« Cette 3ème édition met en lumière le rôle central de la trésorerie dans la gestion des opérations financières de l’État », a affirmé le directeur général du Trésor et de la Comptabilité Publique, Siaka SAMAKE, qui avait à ses côtés le président de la commission Finances du Conseil national de transition (CNT).
Selon lui, une gestion optimale de la trésorerie constitue un atout stratégique pour l’Etat d’honorer ses engagements à bonne date, de jouer efficacement son rôle d’agent économique et de préserver la stabilité budgétaire. Dans cette perspective, la mobilisation accrue des ressources intérieures revêt une importance capitale pour la gestion de la trésorerie publique, a indiqué M. SAMAKE.
Le Directeur Général du Trésor a salué les réformes engagées qui ont permis, selon lui, une nette amélioration de la gestion de la trésorerie publique. Parmi les réformes majeures, figure l’opérationnalisation de l’Agence Comptable Centrale des Dépôts (ACCD), présentée comme « banque des dépôts du Trésor » et « acteur majeur de la gestion de la trésorerie publique ».
Dans son speech, M. SAMAKE n’a pas fait l’économie de l’engagement de l’Etat en faveur des finances publiques, dont les impacts se font sentir. L’une des illustrations se traduit par les efforts dans le paiement de la dette intérieure chiffrée à 1 587,1 milliards de FCFA au titre de l’exercice 2025.
Grâce à ces efforts, a-t-il précisé, « le stock des instances de paiement au Trésor s’est établi, à fin décembre 2025, à 308,9 milliards de FCFA, contre 503,4 milliards de FCFA à fin décembre 2024 ». La poursuite de ces efforts durant le premier semestre 2026 a permis de ramener ce stock « à 231,5 milliards de FCFA, contre 475,6 milliards de FCFA à la même période en 2025 ».
Le Directeur général du Trésor a également précisé que, dans ce stock résiduel, « le montant des mandats au titre de 2025 s’élève à 34,9 milliards de FCFA, dont 14,3 milliards de FCFA pour les opérateurs économiques ».
«Ainsi, conformément aux instructions du ministre d’Etat, il me plaît de souligner que les dispositions sont prises pour réduire progressivement les délais de paiement au Trésor», a déclaré M. SAMAKE.
Par ailleurs, il a exhorté les acteurs à se conformer aux lois et règlements qui ont pour objet d’assurer l’inviolabilité des règles et le bon emploi des fonds publics.
Prenant la parole à son tour, le ministre de l’Économie et des Finances, Alousseini SANOU, a salué l’initiative de la DGTCP qui « offre un cadre privilégié de réflexion, d’échanges d’expériences et de partage des bonnes pratiques entre les différents acteurs impliqués dans la gestion de nos finances publiques ».
Le ministre s’est félicité du respect, en 2025, des trois critères de premier rang du Pacte de convergence de l’UEMOA, citant un déficit budgétaire global de -1,6 % du PIB (contre une norme communautaire de -3 %), un taux d’inflation de 2,3 % (contre un plafond de 3 %), et un encours de dette publique représentant 41,8 % du PIB (contre un seuil communautaire de 70 %).
Le ministre a par ailleurs indiqué que la digitalisation des moyens de paiement contribue non seulement à sécuriser les transactions financières, à réduire les délais de traitement et les coûts de gestion, mais également à renforcer la traçabilité des opérations.
Alousseini SANOU a également salué « l’engagement constant et le professionnalisme de l’ensemble des agents des services du Trésor et de la Comptabilité Publique », les encourageant à poursuivre les réformes engagées dans une dynamique d’innovation et de performance.
Les travaux entamés depuis mercredi se sont penchés sur le bilan des activités de 2025, le renforcement des capacités du réseau, ainsi que l’évaluation des dispositifs de sécurisation des deniers publics et de contrôle interne.
PAR SIKOU BAH