A l’approche du scrutin présidentiel de juillet 2018, le Mali s’apprêtait à vivre un moment démocratique déterminant. C’est dans ce contexte volatile que, le 27 juillet 2018, une vidéo s’est propagée sur les réseaux djihadistes. Le chef du « Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans », Iyad Ag Ghaly, y estimait que « ces élections ne sont rien d’autre que la poursuite d’un mirage et nos peuples n’en récolteront que des illusions, comme ils en ont pris l’habitude ». Ce message marquait une violente offensive de déstabilisation. En analysant ce discours fondateur de la radicalisation de la nébuleuse terroriste au Sahel, trois grands axes stratégiques se détachent nettement, formant un triple « non » absolu opposé aux institutions républicaines et au choix souverain des citoyens de notre pays.

Le premier « non » concerne le rejet catégorique du modèle démocratique pluraliste. En qualifiant les élections de « mirage », Iyad Ag Ghaly cherchait à délégitimer l’expression populaire, la présentant comme une construction importée. L’axe stratégique visait à convaincre les populations rurales que le processus électoral ne résoudrait pas leurs difficultés structurelles. Le deuxième « non » s’attaquait à la présence des forces internationales dans notre pays, les décrivant comme des puissances d’occupation aliénant l’indépendance nationale. Enfin, le troisième « non » visait la souveraineté de la République du Mali, rejetée au profit d’un projet théocratique rigoriste. Cette offensive médiatique cherchait à exploiter les vulnérabilités du tissu social pour saper la cohésion nationale.

Curieusement, cette volonté d’imposer une pureté dogmatique absolue par la contrainte fait écho à d’autres moments de crispation de notre histoire politique. Le 27 juillet 1967, le président Modibo Keïta prononçait un discours solennel devant les responsables de la milice populaire pour exiger une rigueur idéologique totale. Cette intervention s’inscrivait dans la révolution culturelle malienne, visant à épurer l’administration des éléments jugés corrompus ou hostiles au régime socialiste. Les jours suivants, le Comité national de défense de la révolution intensifiait ses réunions dans notre pays pour épurer les structures économiques et suspendre les comités directeurs jugés opportunistes. Si l’intention initiale répondait à un idéal de souveraineté nationale face à la crise financière, l’instauration de cette Révolution active provoqua de lourdes conséquences, notamment des rigidités de gestion et une centralisation excessive du pouvoir.

Cependant, contrairement aux crises doctrinales passées, la menace contemporaine incarnée par Iyad Ag Ghaly relève d’une agression criminelle asymétrique. Depuis 2018, la position du chef djihadiste vis-à-vis de la République a connu une évolution opportuniste. Lors de la crise de 2020, une brève ouverture au dialogue avait été envisagée. Iyad Ag Ghaly s’était dit prêt à négocier, mais à des conditions inacceptables, exigeant l’application de la charia et le départ des forces étrangères. L’affirmation de la souveraineté nationale par la Transition a brisé ce double jeu. Avec l’avènement des autorités de la transition et la réorganisation de l’armée, la porte du compromis s’est refermée. Face au refus de l’État de capituler, le groupe terroriste a basculé dans une guerre totale contre la nation.

Parallèlement, la posture du leader radical à l’égard des populations s’est traduite par un durcissement brutal. Alors qu’en 2018, il tentait de se positionner comme le protecteur des communautés rurales face à l’État, la réalité a révélé une coercition sauvage. Pour maintenir son influence, le groupe a instauré une gouvernance de la terreur : blocus impitoyables sur des localités du nord, racket financier et usage massif d’engins explosifs. Les civils subissent ce chantage. Les attentats contre les infrastructures démontrent l’échec de sa rhétorique, transformant la prétendue protection en oppression destructrice.

Cette agression n’a pas entamé la détermination du Mali. Face à la barbarie, les forces de défense se déploient pour reconquérir le territoire et restaurer l’autorité exclusive de l’État. Les populations refusent de céder à la division et soutiennent les réformes menées par la Transition. Le triple « non » d’Iyad Ag Ghaly s’est heurté au « oui » indomptable du peuple pour sa survie républicaine. Les autorités de la transition mènent un combat pour le développement et la dignité. Fort de son patriotisme, notre pays surmontera ces périls, prouvant que la cohésion triomphera définitivement de l’obscurantisme.

Par la Rédaction

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