Le procès portant sur des accusations de complot contre l’État et de tentative de déstabilisation du gouvernement en 2021 a connu son épilogue ce vendredi 24 juillet, devant la Chambre criminelle de la Cour d’appel de Bamako. Cinq des six prévenus ont été reconnus coupables et condamnés à des peines de prison ferme, au terme d’un procès qui aura duré dix jours.

Le colonel-major Kassoum Goïta, ancien directeur général de la Sécurité d’État (DGSE), a été condamné à 15 ans de réclusion criminelle. La même peine a été prononcée contre l’adjudant-chef Abdoulaye Ballo, ancien agent de la DGSE, l’homme d’affaires Sandi Ahmed Saloum et le féticheur Issa Samaké, dit « Djoss ».

Les deux autres coaccusés, le Dr Kalilou Doumbia, ancien secrétaire général de la Présidence de la République, et le commissaire principal de police Moustapha Diakité, écopent chacun de 7 ans de prison ferme.

Le procès s’était ouvert le mardi 14 juillet 2026 devant la Cour criminelle de la Cour d’appel de Bamako. Les six prévenus étaient poursuivis pour association de malfaiteurs, tentative d’attentat et complot contre le gouvernement, ainsi que complicité, dans le cadre de l’affaire dite de la tentative de déstabilisation des autorités de la Transition. Ils comparaissaient après plus de quatre ans de détention préventive. 

Au cours des débats, l’accusé principal a rejeté l’ensemble des faits qui lui étaient reprochés, dénonçant une « mise en scène » et affirmant avoir alerté le président de la Transition, Bah N’Daw, avant le 24 mai 2021. Il a également indiqué avoir constaté des mouvements inhabituels des forces de sécurité autour de certains sites sensibles à cette période. Le colonel-major Goïta a par ailleurs reconnu avoir consulté le féticheur Issa Samaké, mais uniquement, selon lui, dans un objectif de protection personnelle.

Le 21 juillet, à l’issue des débats, le ministère public représenté par le magistrat Kokè Coulibaly, avait requis une peine de 20 ans de réclusion criminelle contre le colonel-major Kassoum Goïta, le Dr Kalilou Doumbia et trois autres coaccusés, estimant que les infractions d’association de malfaiteurs et de complot contre le gouvernement étaient constituées.

Le parquet avait en revanche demandé l’acquittement du commissaire principal de police Moustapha Diakité, jugeant sa relation avec l’un des accusés strictement amicale. De son côté, le Contentieux de l’État s’était contenté de réclamer un franc symbolique au titre du préjudice moral. 

Face à ces réquisitions, les avocats de la défense avaient plaidé l’acquittement pur et simple, dénonçant des incohérences dans les pièces versées au dossier, des éléments de preuve qui auraient été obtenus sous la contrainte, ainsi que des contradictions dans les déclarations du principal témoin, Soumaïla Bagayoko. Les plaidoiries s’étaient closes le 22 juillet, ouvrant la voie à la mise en délibéré de l’affaire.

À l’issue du verdict, les avocats de la défense ont dénoncé un procès à caractère politique et annoncé leur intention de saisir des juridictions internationales, sans préciser à ce stade les instances visées ni le calendrier de cette démarche.

Les personnes condamnées avaient été arrêtées à la suite des événements de mai 2021, qui avaient abouti à la démission de l’ancien président de la Transition, Bah N’Daw, et du gouvernement dirigé par Moctar Ouane. 

PAR SIKOU BAH

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