À l’occasion de la Journée mondiale des compétences des jeunes, Afrobarometer met en lumière les principaux défis auxquels est confrontée la jeunesse africaine. Les résultats d’une enquête menée dans 38 pays du continent révèlent que le manque de formation adaptée et l’absence d’expérience professionnelle constituent les principaux obstacles à l’accès à l’emploi, tandis que la création d’emplois demeure la priorité absolue des jeunes.
Réalisée en 2024-2025 auprès de plus de 50 000 personnes dans 38 pays africains, l’enquête montre que la jeunesse aspire avant tout à l’entrepreneuriat. Plus de la moitié des jeunes âgés de 18 à 35 ans préféreraient créer leur propre entreprise plutôt que de travailler dans la fonction publique, le secteur privé ou les organisations non gouvernementales.
Selon les personnes interrogées, les difficultés d’accès à l’emploi ne s’expliquent pas uniquement par la faiblesse de l’économie ou la rareté des postes. Le manque de formation adéquate est cité comme le premier frein à l’insertion professionnelle, suivi du manque d’expérience exigée par les employeurs. D’autres facteurs sont également évoqués, notamment l’inadéquation entre les qualifications et les besoins du marché du travail, ainsi que le déficit de compétences entrepreneuriales.
Face à cette situation, près de la moitié des jeunes estiment que les gouvernements devraient consacrer davantage de ressources à la création d’emplois. L’éducation, la formation professionnelle, les prêts destinés aux jeunes entrepreneurs et les services sociaux figurent également parmi les priorités identifiées.
L’étude révèle également une forte tentation d’émigration. Plus d’un jeune Africain sur deux affirme avoir déjà envisagé de quitter son pays. Les motivations sont essentiellement économiques : la recherche d’un emploi, de meilleures opportunités professionnelles et la volonté d’échapper aux difficultés économiques et à la pauvreté constituent les principales raisons de ce projet de départ.
Afrobarometer souligne que ces résultats rappellent l’urgence d’investir dans le développement des compétences, l’amélioration de l’employabilité des jeunes et la promotion de l’entrepreneuriat. Pour le réseau panafricain de recherche, ces actions sont essentielles pour offrir de meilleures perspectives à la jeunesse et limiter l’émigration motivée par des raisons économiques.
PAR MODIBO KONÉ