Ce quatrième volet de notre grande enquête exclusive pénètre dans les rouages complexes d’un système qui a maintenu notre nation dans une paralysie artificielle pendant des décennies. Info-Matin tente de livrer ici une autopsie sans concession des raisons profondes de l’effondrement systématique de chaque traité, pacte et arrangement sécuritaire signé entre 1992 et 2015. Refusant le prisme déformant des analyses occidentales, cette investigation factuelle démontre que l’impasse sécuritaire n’était pas le fruit du hasard, mais la conséquence directe de structures documentaires viciées dès leur conception. Chaque texte portait en lui-même les anticorps de la paix.

L’enquête du Quotidien des sans voix met à nu le chantage à la légitimité démocratique exercé par des parrains extérieurs et des médiations internationales manifestement partisanes. Nous décryptons comment le désarmement des rebelles a été systématiquement sacrifié sur l’autel d’agendas électoraux ou géopolitiques étrangers, sanctuarisant des enclaves de non-droit comme Kidal. De plus, l’introduction de formules militaires aberrantes, telles que le double commandement ou l’intégration par quotas ethnopolitiques, a méthodiquement saboté l’outil de défense républicain au profit de milices régionales.

Malgré la mobilisation successive de l’appareil diplomatique régional, le déploiement de l’opération française Serval puis Barkhane, la mission de formation européenne EUTM et l’installation de la MINUSMA (dotée d’un budget annuel dépassant le milliard de dollars et de 15 000 casques bleus) notre pays est resté prisonnier d’un cycle d’insécurité chronique pendant 10 ans. Cette faillite de l’internationalisme sécuritaire s’explique par des causes globales profondes.

L’inadaptation doctrinale et l’inefficacité des interventions militaires occidentales

L’intervention militaire française, initialement saluée lors de la phase de libération rapide en 2013 (Serval), a rapidement muté en une opération d’occupation et de stabilisation asymétrique (Barkhane) totalement inadaptée. La doctrine occidentale s’est concentrée exclusivement sur la «neutralisation cinétique» des leaders terroristes par des frappes de drones et des opérations de forces spéciales, ignorant superbement les dynamiques de sédimentation locale du djihadisme.

Pendant que Paris affichait des bilans comptables de chefs éliminés, les groupes terroristes profitaient de la misère économique pour recruter en masse au sein des communautés rurales délaissées. L’EUTM, de son côté, s’est cantonnée à des formations théoriques dans des camps retranchés, sans jamais fournir aux unités maliennes le soutien logistique, aérien et matériel lourd indispensable pour mener une guerre de contre-insurrection dans le désert.

Le double jeu et l’impérialisme de la MINUSMA

Le déploiement de la MINUSMA a constitué un obstacle majeur à la reconquête de notre souveraineté. Sous couvert de «protection des droits de l’homme» et de «maintien de la paix», la force onusienne a souvent servi de bouclier diplomatique et physique pour les rebelles séparatistes de la CMA à Kidal. Les règles d’engagement restrictives des Nations Unies leur interdisaient de mener des actions offensives contre les groupes terroristes, transformant les casques bleus en cibles statiques et impuissantes.

Surtout, la MINUSMA a tenté d’imposer au gouvernement malien un agenda politique d’ingérence, instrumentalisant les rapports de sécurité pour affaiblir la légitimité des FAMa auprès des populations locales. En sanctuarisant Kidal et en empêchant le retour de l’armée républicaine au nom du respect des arrangements sécuritaires intermédiaires, l’ONU a prolongé artificiellement la crise, poussant légitimement les autorités de la transition à exiger son départ sans délai en 2023.

La géopolitique de la déstabilisation régionale et le sanctuaire libyen

Notre pays a été la victime collatérale absolue de l’agression militaire occidentale contre la Libye en 2011. Le renversement du régime de Mouammar Kadhafi a ouvert la boîte de Pandore saharienne, libérant des arsenaux militaires lourds et provoquant le retour de milliers de mercenaires endurcis qui ont fourni l’ossature tactique du MNLA et d’Ansar Dine.

Par la suite, la gestion internationale de la crise a entretenu une porosité frontalière délétère. Les puissances régionales et occidentales ont utilisé notre théâtre comme un laboratoire de confinement sécuritaire, préférant contenir la menace djihadiste à l’intérieur des frontières maliennes plutôt que de s’attaquer aux réseaux financiers et politiques internationaux qui financent le terrorisme depuis les capitales du Golfe ou d’Europe.

Le changement de paradigme souverain : L’affirmation des FAMa

Face à ce constat de faillite globale des solutions importées, le peuple malien et ses autorités de transition ont opéré une rupture historique salutaire à partir de 2021. Comprenant que la paix ne se quémande pas par des traités humiliants mais se conquiert par la force de la loi républicaine, le Mali a chassé les troupes françaises, exigé le retrait de la MINUSMA et diversifié ses partenariats stratégiques de sécurité.

Le nouveau paradigme repose sur la montée en puissance spectaculaire des FAMa, l’acquisition d’équipements aériens et de renseignement de dernière génération, et une doctrine nationale claire : aucun compromis sur l’unicité de l’État, la laïcité et l’indivisibilité du territoire. La libération mémorable de la ville de Kidal le 14 novembre 2023 par les forces régulières, sans aucune aide occidentale, a brisé définitivement le mythe de l’invincibilité rebelle et prouvé que seule une armée nationale souveraine est capable d’apporter une paix authentique et durable aux populations.

L’analyse exhaustive des accords conclus par notre pays de 1991 à 2015 démontre le piège subtil mais mortel de la «paix négociée» sous l’égide de médiations internationales biaisées. Chaque traité exigeait de l’Etat un abandon progressif de ses prérogatives régaliennes au profit de minorités armées, créant un engrenage d’affaiblissement institutionnel dont ont profité les franchises terroristes globales.

En décidant de clore définitivement le chapitre de l’accord d’Alger en janvier 2024 et en imposant le respect strict de sa souveraineté, notre pays a montré la voie du sursaut national. La paix au Mali ne s’écrira plus dans des salons feutrés à l’étranger, mais s’enracinera sur le terrain par le déploiement de l’État, de son armée républicaine et de ses services publics au bénéfice exclusif de tous ses citoyens, sans distinction aucune.

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