Le procès du journaliste Chahana Takiou, directeur de publication du journal Le 22 Septembre, a comparu ce lundi 27 juillet devant le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité. À l’issue de l’audience, le ministère public a requis une peine d’un an d’emprisonnement, dont 6 mois assortis du sursis, contre le prévenu et le paiement de 2 millions d’amende pour les préjudices subis. Le jugement du tribunal est attendu le lundi 3 août.
Le journaliste, Chahana Takiou, placé sous mandat depuis plus de deux mois, était à la barre devant le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité. Il est inculpé pour « atteinte au crédit de l’État à travers l’institution judiciaire». Lors de son audience de ce lundi, le parquet a requis une peine d’un an, dont 6 mois de sursis, et le paiement de deux millions de FCFA pour les préjudices subis. Son sort est cependant fixé au 3 août, date à laquelle le tribunal donnera son jugement.
Cette audience au fond intervient après plusieurs semaines de procédure judiciaire. Placé sous mandat de dépôt le 8 juin 2026. Les poursuites font suite à des propos qui lui sont reprochés lors des travaux du Forum panafricain des médias (FOPAME), organisé à Bamako du 3 au 6 juin.
L’affaire est suivie de près par les organisations professionnelles de la presse, qui avaient vivement réagi dès l’arrestation du directeur de publication du 22 Septembre. La Maison de la Presse avait notamment exprimé sa « profonde préoccupation » et estimé que cette procédure constituait un signal préoccupant pour la liberté de la presse au Mali, tout en appelant au respect des garanties judiciaires.
Avant cette audience au fond, les conseils de Chahana Takiou avaient sollicité une mise en liberté provisoire pour raisons de santé, faisant valoir la nécessité d’un suivi médical à Rabat après une intervention chirurgicale réalisée en 2023. Le parquet s’était opposé à cette requête, et le tribunal avait finalement décidé de maintenir le journaliste en détention provisoire tout en renvoyant l’examen du fond au 27 juillet.
PAR SIKOU BAH