Le gouvernement guinéen a annoncé le renforcement des mesures contre l’exploitation clandestine de l’or dans la région de Siguiri, au nord-est du pays. Cette offensive, qui prévoit notamment le déploiement des forces de défense et de sécurité, pourrait affecter plusieurs nationalités présentes sur les sites d’orpaillage, notamment les Burkinabè et les Maliens, dont les ressortissants sont nombreux dans cette zone aurifère.
Les premières conséquences de cette opération sont déjà visibles sur le terrain. À pied ou à moto, des centaines de personnes ont été aperçues quittant le territoire guinéen pour rejoindre le Mali. Il s’agit notamment d’orpailleurs sommés de quitter les sites d’exploitation en raison des activités illégales auxquelles ils se livraient. Ces départs illustrent les répercussions immédiates du durcissement des mesures sur les travailleurs étrangers présents dans les zones aurifères de Siguiri, en particulier les ressortissants maliens.
En effet, le gouvernement guinéen entend mettre un terme à l’exploitation anarchique de l’or dans la région de Siguiri. Dans un communiqué conjoint publié le lundi 2 novembre 2026 et lu à la télévision nationale, cinq départements ministériels ont annoncé le renforcement des opérations de contrôle et la stricte application de l’interdiction de l’exploitation aurifère non conforme à la réglementation.
Cette décision intervient dans un contexte de dégradation environnementale préoccupante. Les autorités dénoncent notamment la destruction des terres agricoles, la dégradation du couvert végétal et la pollution des cours d’eau, provoquées par des activités d’orpaillage menées en violation des règles en vigueur, notamment avec l’utilisation d’engins lourds, selon plusieurs médias locaux.
Pour faire respecter cette interdiction, le gouvernement a ordonné le déploiement des forces armées, de la gendarmerie et de la police sur les différents sites concernés. Des contrôles renforcés sont également prévus sur les axes routiers et fluviaux afin d’empêcher le transport des équipements et des produits utilisés dans l’exploitation illégale de l’or, précisent des confrères guinéens.
Au-delà des exploitants guinéens, cette nouvelle offensive pourrait avoir des répercussions sur les ressortissants étrangers présents sur les sites aurifères de Siguiri. Selon des sources locales, plusieurs nationalités participent aux activités d’orpaillage dans cette région, avec une forte présence de ressortissants burkinabè et maliens. Les Burkinabè seraient les plus nombreux, tandis que les Maliens figureraient également parmi les communautés étrangères fortement représentées.
Cette décision intervient quelques jours après la suspension de 22 responsables administratifs locaux, dont le gouverneur par intérim, quatre préfets et dix-sept sous-préfets, accusés de manquements dans le suivi des activités d’exploitation aurifère. La gestion des affaires courantes a été confiée à des responsables désignés pour assurer la continuité du service public.
Si les organisations et mouvements de défense de l’environnement saluent cette nouvelle décision, les conséquences socio-économiques de l’interdiction suscitent également des interrogations. L’exploitation artisanale de l’or représente en effet une importante source de revenus pour des centaines de milliers de personnes dans la région de Siguiri.
La fermeture ou la suspension des sites clandestins pourrait donc affecter les revenus de nombreux travailleurs, guinéens comme étrangers, notamment les communautés burkinabè et maliennes installées dans les zones aurifères.
Reste à savoir comment les autorités guinéennes vont concilier la lutte contre les dégâts environnementaux, l’application de la réglementation minière et la prise en compte des populations qui dépendent de l’exploitation artisanale de l’or.
PAR SIKOU BAH









