La Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), à l’issue de la session de son bureau exécutif tenue à Kidal, a sollicité l’implication de la médiation internationale afin d’éviter une rupture définitive de l’Accord pour la paix. À cet effet, la CMA invite à diligenter la tenue d’une consultation, dans les plus brefs délais, en un lieu neutre entre la CMA et les garants de l’Accord, afin de déterminer définitivement de l’avenir de l’Accord. Le hic, c’est qu’on ne peut parler de cet Accord sans le Gouvernement du Mali, acteur incontournable du processus du retour de la paix.
Entre le mercredi le 7 et le vendredi 9 décembre 2022, le bureau exécutif de la CMA s’était réunion en session extraordinaire à Kidal pour évoquer notamment : la situation sociopolitique, humanitaire et sécuritaire ; l’État des lieux des structures de la CMA, l’Accord pour la Paix et la Réconciliation issu du processus d’Alger et le rôle de la Médiation internationale.
Dans le communiqué sanctionnant les conclusions de cette session, les participants sont unanimes pour dénoncer la « déliquescence avérée de l’Accord de Paix que les raisons soient événementielles ou subtilement planifiées, et s’inquiètent à juste titre des conséquences forcément néfastes sur tout le processus ».
« Il est regrettable d’avouer après sept ans » que « l’accord de paix pâtit incontestablement du manque évident d’engagements efficients [des] parties capitales pour sa mise en œuvre, à savoir les gouvernements successifs du Mali, la médiation [algérienne] et la communauté internationale garante de son application intégrale », déplore la CMA.
« Les parties garantes [de l’accord de paix] sont dans l’obligation politique et morale de jouer de façon pleine et efficiente leur rôle afin d’éviter une rupture définitive entre les parties », exhorte le texte.
La session renvoie ainsi la Médiation à son rôle, conformément à l’esprit et à la lettre dudit Accord en son Titre VI, Chapitre 17, accordant à la Médiation la mission de dernier recours en cas de graves difficultés de nature à compromettre les objectifs et buts de l’Accord.
À cet effet, la CMA invite (la Médiation) à diligenter la tenue d’une consultation, dans les plus brefs délais, en un lieu neutre entre la CMA et les garants de l’Accord, afin de déterminer définitivement de l’avenir de l’Accord.
Le problème, en demandant une réunion de consultation, la CMA et les garants de l’Accord, les ex-rebelles ne s’inscrivent vraiment pas dans un processus de résolution des contraintes liées à la mise en œuvre de l’Accord.
Certes, les garants de l’Accord ont un rôle déterminant à jouer pour concilier les positions divergentes, mais ils ne sauraient se substituer aux parties prenantes ayant signé le document.
Aussi, aucune rencontre ne saurait « déterminer définitivement de l’avenir de l’Accord » sans les autres signataires de l’Accord pour la paix conformément à l’Article 65 dudit document qui stipule : «Les dispositions du présent Accord et de ses annexes ne peuvent être modifiées qu’avec le consentement express de toutes les Parties signataires du présent Accord et après avis du Comité de suivi».
Or, en sollicitant la tenue de cette rencontre dite de consultation, la CMA n’associe ni les nouvelles autorités de la transition ni la Plateforme pour parler des difficultés de l’Accord. L’avenir de ce document pour la paix ne peut être acté, dans un bureau feutré entre la CMA et les garants du processus, sans les autres acteurs.
PAR SIKOU BAH