Partis en tournée pour plusieurs localités de la région de Gao, le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga et sa forte délégation ministérielle ont dû se contenter de la seule étape de la commune urbaine de Gao. La sentence des autorités sécuritaires ayant déconseillé la ville d’Ansongo et de Bourem. Pour le gouvernement, c’est une contrariété, un embêtement, à défaut d’être un camouflet de sa politique sécuritaire brandie comme l’antidote du départ des troupes de la France.
Pour les adversaires de la Transition, singulièrement ceux du Premier ministre le renoncement de Choguel MAIGA et de sa forte délégation, l’annulation de ces deux étapes (Bourem et Ansongo), d’une part, indique clairement la détérioration continue de la situation sécuritaire malgré la présence imposante de Wagner et, d’autre part, l’abandon des populations des localités du nord et du centre à leur sort. Toutes choses qui sonnent faux avec son narratif officiel : «le premier souci du président de la transition est la satisfaction des populations».
Le gouvernement qui persiste à clamer la souveraineté retrouvée sur l’ensemble du territoire reste en bloc derrière son chef, continuant d’affirmer que l’armée malienne est aujourd’hui capable d’aller n’importe où sur le territoire national. Le distinguo entre cette montée en puissance et le principe de précaution quand elle est amenée à escorter et sécuriser une forte délégation primatoriale composée d’une dizaine de ministres, la bonne foi doit être de mise. N’a-t-on pas tout prévu ? Où, quelle est la nouvelle donne qui a chamboulé l’assurance des forces de sécurité qui ne veulent plus prendre aucun risque avec ces personnalités ?
Dans tous les cas de figures, c’est de la mauvaise foi que de penser que nos FAMa ne sont pas capables aujourd’hui d’assurer la sécurité de nos autorités, notamment du Président, du Premier ministre et des membres du gouvernement et des institutions de la Républiques. Le Mali n’est pas comme ces États qui ont recours à des privés israéliens ou français pour assurer la sécurité de leurs autorités. La montée en puissance des FAMa est aujourd’hui une réalité ?
Certes, les pyramides de Gizeh n’ont pas été construites un seul jour. En tout cas aujourd’hui, dans la zone des trois frontières, elles assurent…Ceux qui se réjouissent de l’annulation des étapes de Bourem et Ansongo de la visite du Premier ministre dans sa région et se délectent en persiflage doivent savoir que ce n’est pas contre Choguel qu’ils plantent la dague, ils doivent aussi accepter de reconnaître qu’ils souhaitent la victoire de l’ennemi, de l’insécurité et terrorisme sur celle de nos FAMa.

PAR SIKOU BAH

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