Le président du Bénin, Patrice TALON, a évoqué la présence sur le sol africain, du groupe de sécurité privée russe Wagner. Il a évoqué cette question, ce dimanche, lors d’une interview sur LCI. Le Président TALON a clairement indiqué que le recours à Wagner est « condamnable » si l’objectif n’est « pas purement sécuritaire ». A la question de savoir si le Bénin est prêt à aider la France contre Wagner, sa réponse est sans équivoque : « Nous ne pouvons pas être un allié de la France contre la Russie ».
Dans ses explications sur la présence du groupe de sécurité privée russe sur le sol africain, le Président béninois a déclaré que Wagner est un prestataire privé armé et que le principe n’est pas condamnable. Il s’est justifié en comparant Wagner aux sociétés privées américaines.
Le président Patrice TALON a précisé que si Wagner intervient pour servir un régime en commettant des exactions, cela doit être condamné.
« La notion de faire appel à un prestataire privé militaire n’est pas nouvelle. On l’a vu en Afghanistan avec les Américains », a-t-il rafraîchi les mémoires.
En effet, Wagner, un groupe paramilitaire fondé en 2014, s’est implanté en Centrafrique à l’invitation du Président Faustin Archange Touadéra pour réprimer une rébellion. L’appui du groupe de sécurité russe a été salué par les autorités centrafricaines.
En 2022, notre pays a tourné le dos à l’ancienne puissance coloniale (France), préférant l’aide de la Russie. Chassée du Mali, la France a constamment accusé les autorités maliennes de collaborer avec des mercenaires russes appelés Wagner. Une accusation démentie par les autorités qui précisent que ce sont plutôt des instituteurs russes qui renforcent les capacités des forces armées maliennes.
Lors d’un séjour à Bamako, le ministre des Affaires étrangères de la fédération de Russie, Sergueï Lavrov, a souligné l’ambition de Moscou de fournir un soutien militaire aux gouvernements d’Afrique de l’Ouest dans la lutte contre les militants islamistes. Un soutien qui intervient après l’échec de la France et ses alliés dans la lutte contre le terroriste au Sahel.
De son côté, lors du point de presse animé avec son homologue russe, le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Abdoulaye DIOP, a tranché : « nous ne justifierons plus notre choix de partenaire. La Russie est là à la demande du Mali et répond efficacement à nos besoins stratégiques ».
PAR MODIBO KONÉ