L’Office du Niger, créé le 05 Janvier 1932 par l’administration coloniale française, est le plus ancien périmètre irrigué de l’Afrique de l’Ouest et l’un des plus étendus. Selon le projet initial (960 000 ha à aménager en 50 ans dont 510 000 ha de coton et 450 000 ha de riz), il devait devenir le principal fournisseur de coton des industries textiles de la France et le grenier à riz de l’Afrique de l’Ouest.

L’initiateur du projet et premier Directeur de l’Office du Niger, Émile BÉLIME, Ingénieur des travaux publics, identifia la zone du delta mort du fleuve Niger en 1915 dont la remise en eau a nécessité la conception et la construction de grands ouvrages hydroagricoles dont (i) le pont-barrage de Markala, commencé en 1934 et achevé en 1945, (ii) le canal adducteur long de 9 Km qui fait prise dans le fleuve sur la rive gauche avec un débit de 380 m3/s, (iii) le canal du Macina avec une largeur provisoire de 25 m sur une longueur de 20 km et équipé par un ouvrage de prise comportant 5 passes et un système d’éclusage avec une capacité maximale de 75 m3/s, (iv) le canal du Sahel équipé par un ouvrage de prise identique à celui du Macina avec une capacité de 110 m3/s, (v) le canal Costes-Ongoïba, plus récent, équipé d’un ouvrage de prise de 2 passes avec une capacité maximale de 48 m3/s. Les canaux du Macina et du Sahel débouchent, respectivement, sur les Falas de Boky Wèrè et de Molodo, anciens défluents du fleuve Niger, remis en eau et utilisés comme canaux principaux d’irrigation.
La zone Office du Niger dispose d’un potentiel foncier brute de 2 458 506 ha dont 1 907 406 ha aménageables et 1 445 000 ha irrigables par gravité. Après l’indépendance, l’Office du Niger est devenu propriété de l’État Malien en mai 1961 avec une superficie aménagée totale en casiers de 44 699 ha. De 1961 à 1968, l’État malien a aménagé 15 813 ha.
À partir de 1969, face à la détérioration des conditions socio-économiques des exploitants et à la dégradation avancée des périmètres aménagés, l’Office du Niger a subi en 1978 un redressement des bailleurs de fonds et les interventions ont essentiellement porté sur la réhabilitation des aménagements jusqu’en 1993.
À partir de 1994, concomitamment aux réhabilitations, les extensions ont repris et, pour accélérer le rythme de l’aménagement des terres agricoles, le décret de gérance a proposé aux promoteurs privés deux nouveaux modes de tenure : le bail ordinaire et le bail emphytéotique, respectivement conclu pour une durée de 30 et 50 ans. Ainsi, 13 543 ha nouveaux (dont 1 247 ha de baux) ont été aménagés jusqu’en 2002. C’est également durant cette période que l’Office du Niger a subi une grande restructuration (loi N°94-004 du 09 mars 1994) qui a réduit son effectif de 90% (de 3 000 à 300 agents) et recentré ses missions autour de la gestion des eaux et de la maintenance des aménagements.
De 2002 à 2012, les efforts d’aménagement ont été poursuivis avec la réalisation de 28 623 ha nouveaux (dont 2 500 ha de baux). Il en a été de même de 2013 à nos jours avec la réalisation de 24 298 ha nouveaux (dont 9 898 ha de baux).
Au total, de la création de l’Office du Niger à nos jours, la superficie totale aménagée et exploitée est de 130 826 ha (y compris les baux aménagés), soit moins de 10% de son potentiel irrigable par gravité. S’y ajoutent également 7 391 ha de parcelles dites « hors-casiers ». Il s’agit de terres, sommairement aménagés et irrigués à partir de siphons, de canaux de fortune, des eaux de drainage… Elles sont généralement exploitées, avec l’accord tacite de l’Office du Niger, par des villages ou des individus ne disposant pas de terres aménagées.
Le financement des missions de l’Office du Niger repose entièrement sur les ressources financières issues de la redevance, de la subvention de l’État destinée au financement des missions de services publics concédés et des financements extérieurs dans le cadre de programmes spécifiques (réhabilitation, extensions, appui institutionnel et mesures d’accompagnement).
De la création de l’Office du Niger à nos jours, la redevance, contrepartie du service de l’eau, est perçue auprès des exploitants en vue de la couverture partielle des frais généraux et ceux de l’exploitation du réseau hydraulique. Au départ, la redevance était fixée au poids de produits récoltés à l’hectare et versée annuellement en nature par chaque exploitant. À titre de rappel, pour l’exercice 1951, la redevance était évaluée à 400kg/ha pour la culture du riz, soit 23% de la production avec un rendement moyen qui se situait autour de 1,73 t/ha. À la suite de différentes reformes intervenues, dont la restructuration de 1994, la redevance est désormais payée en espèce par les exploitants.
La redevance est différenciée par type d’aménagement. Ainsi on distingue trois classes la Classe 1 correspondant aux aménagements nouveaux ou anciens réhabilités avec maîtrise totale d’eau, la Classe 2 correspondant aux anciens aménagements relativement dégradés et non encore réhabilités avec une fourniture d’eau suffisante et un degré de maîtrise moindre par rapport à la 1ère classe et, enfin, la Classe 3 correspondant aux aménagements en casiers fortement dégradés et aux hors casiers avec l’irrigation et le drainage qui se font dans des conditions difficiles.
La redevance est assise sur la superficie attribuée et sa base de facturation est actuellement constituée des 130 826 ha exploités en casiers et des 7 391 ha exploités en hors-casiers. Son taux est fixé par arrêté du Ministre de tutelle de l’Office du Niger.
Concernant les périmètres communautaires, l’Arrêté N°2017-1314/MA-SG du 12 mai 2017 définit les taux de redevance ainsi qu’il suit : (i) En culture de Saison Riz, 67 000 FCFA/ha pour la Classe 1, 56 950 FCFA/ha pour la Classe 2 et 46 900 FCFA/ha pour la Classe 3 et les Hors casier, (ii) En Culture de Contre-Saison Riz, 67 000 FCFA/ha pour toutes les Classes, (iii) En Cultures de Saison Maraichage et Verger, 6 700 FCFA/ha pour toutes les Classes.
Pour les baux à usage agricole, l’Arrêté N°2017-1315/MA-SG du 12 mai 2017 fixe les taux comme suit : (i) 67 000 F CFA/ha pour les baux d’une superficie inférieure à 1 000 ha avec l’entretien du réseau secondaire à la charge de l’Office du Niger, (ii) 35 000 FCFA/ha pour les baux d’une superficie supérieure ou égale à 1 000 ha avec l’entretien du réseau secondaire à la charge du promoteur, (iii) 2 640 FCFA/ha pour les baux équipés de systèmes d’irrigation économes en eau (aspersion, pivots, goutte à goutte).
Les factures sont automatiquement produites par le logiciel SIGON (Système d’Information Global de l’Office du Niger) et sont remises aux exploitants au plus tard le 30 sept. pour la culture de saison riz, le 31 jan. pour les cultures fruitières et le 31 mars pour la contre-saison riz et le maraîchage. SIGON produit également les factures d’avoir liées au dégrèvement. En effet, les exploitants victimes de sinistres ne relevant pas de leur responsabilité (inondations, noyades, difficultés d’irrigation, maladies, actions des déprédateurs tels que les oiseaux granivores ou les rongeurs, actes criminels dus à l’insécurité…) peuvent être exemptés totalement ou partiellement du paiement de la redevance après analyse de leur demande par le Comité Paritaire de Gestion de Fonds d’Entretien composé de Représentants des Zones et des Producteurs.
La redevance est exclusivement payée en espèce, au plus tard, le 31 mars pour la culture de saison riz, le 30 avril pour les cultures fruitières et le 30 sept. pour la contre-saison riz et les cultures maraîchères. L’opération de recouvrement est assurée par les Services Administratifs et Financiers des Zones de production. Le non-paiement ou le paiement partiel de la redevance entraîne l’éviction de l’exploitant de la parcelle attribuée dont le retrait survient sur propositions des Comités Paritaires de Gestion des Fonds d’Entretien des Zones.
Au titre de la Campagne Agricole 2022/2023 en cours, le montant total facturé, tous types de parcelles confondus, est de 7 185 437 330 FCFA. La redevance recouvrée est consacrée, pour au moins 50%, au financement de l’entretien du réseau hydraulique secondaire. Le reste est complété par la dotation budgétaire de l’État pour assurer le fonctionnement de l’Office du Niger, y compris les charges liées aux missions de services publics concédés (la maîtrise d’ouvrage déléguée pour les études et le contrôle des travaux, l’entretien des infrastructures primaires, la gérance des terres, le conseil rural et l’assistance aux exploitants des terres aménagées en approvisionnement en intrants et matériels agricoles).
Aussi, la disponibilité des fonds pour assurer le financement des activités de l’Office du Niger est fortement tributaire des niveaux de recouvrement de la redevance et de mobilisation de la dotation budgétaire de l’État.

Cellule Communication et Relations Publiques de l’Office du Niger

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