Le Collectif des professeurs de l’enseignement secondaire des collectivités territoriales détenteurs de doctorat a animé, hier mardi 11 juillet 2023, à la Maison de l’enseignant, une conférence de presse pour interpeller les autorités sur leur hiérarchisation. Le principal conférencier était le Dr Boubacar Oumar DIALLO, spécialiste en sociologie de l’éducation, porte-parole du Collectif.
Après avoir tapé à toutes les portes sans succès, le Collectif dénonce ce qu’il qualifie de discrimination. Au nom de la qualité de l’enseignement supérieur et de l’équité entre tous les enfants du pays, ses responsables ont sollicité l’implication personnelle du Président de la transition, le Colonel Assimi GOITA, pour leur hiérarchisation.
Le Collectif des professeurs de l’enseignement secondaire des collectivités territoriales compte environ 40 détenteurs de doctorat et plus de 400 détenteurs de Master. Ces enseignants sont engagés dans le système éducatif malien avec au moins dix années d’expérience dans la fonction d’enseignant pour les plus jeunes.
Selon les explications du porte-parole, le Dr Boubacar Oumar DIALLO, après l’obtention d’une autorisation délivrée par le service employeur (autorisation d’inscription, congé de formation), ils ont obtenu leurs diplômes au Mali, au Sénégal, en France, au Cuba, en Chine dans plusieurs spécialités comme : la Géographie économique, la Géographie de l’environnement, la Didactique des Langues et du Français, les Mathématiques, la Biologie, la Chimie Organique, la Statistique, le Droit, les Relations internationales, etc.
« Aujourd’hui, nous sommes confrontés à un problème d’insertion conformément à nos diplômes. Nonobstant notre grade de Docteur, nous n’arrivons pas à accéder à l’enseignement supérieur à cause de l’inexistence de passerelle entre l’enseignement secondaire et l’enseignement supérieur et la recherche scientifique. Au même moment, la crise d’enseignants dans les Universités et Grandes écoles du Mali a conduit au recrutement de vacataires et presque la quasi-totalité des cours sont exécutés sous la forme d’heures supplémentaires pendant que des Docteurs fonctionnaires payés sur le Budget national flânent dans les rues », a déploré le Dr DIALLO.
Pour trouver une solution à cette situation que les responsables qualifient discrimination, le Collectif a, tour à tour, saisi la Présidence de la République, la Primature, le ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation, le ministère de l’Éducation nationale, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, le ministère de la Refondation de l’État et des relations avec les institutions, la Direction des Ressources Humaines du Secteur de l’éducation (DRHSE).
Aux dires du Dr Boubacar Oumar DIALLO, c’est à la suite de ces nombreuses correspondances relatives à leur demande de hiérarchisation que le Directeur des Ressources humaines du secteur de l’éducation, à travers son Bordereau N°2021-0020 / MESRS-DRH-DGC du 04/01/2021, a suggéré au ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique de les transférer à l’Enseignement supérieur pour atténuer les dépenses de l’État dans la prise en charge des heures supplémentaires.
Selon ses explications, une commission composée des représentants des différentes structures concernées devrait s’employer à la relecture des textes devant aboutir à leur hiérarchisation. Malheureusement, déplore le Dr DIALLO, cette commission n’a toujours pas vu le jour.
Il a souligné que suite à d’autres correspondances adressées au Président de la transition, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique avait, à travers le BE-N° 2022-3692/MESRS-SG du 18 août 2022, soumis le dossier au Directeur général de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique (DGESRS) pour analyse et avis.
« Dans sa réponse au ministre à travers la Note Technique N°2022-0576 – DGESRS-SDAJCF-DCMF du 03/10/2022, le DGESRS reconnaissait que l’enseignement supérieur fait face à un manque criard d’enseignants tant en quantité qu’en qualité et qu’au même moment il existe des ressources humaines qualifiées détenteurs de Doctorat en nombre non négligeable au compte des Collectivités territoriales », a détaillé le porte-parole.
Tenez-vous bien, le conférencier a expliqué qu’il ressort qu’un montant de plus de 5 000 000 000 de F CFA est prévu dans le budget 2023 pour la prise en charge des heures supplémentaires de cours.
Au même moment, dans le budget prévisionnel de 2023, il est prévu un montant de 4 098 734 000 FCFA pour le recrutement de 400 enseignants-chercheurs. Or, ajoute le Dr DIALLO, d’après la note technique, en favorisant un système de passerelle de la Fonction publique des collectivités à l’Enseignement supérieur, le recrutement de 400 fonctionnaires des collectivités territoriales détenteurs de Doctorat ou de Master de recherche crée une charge supplémentaire à l’État de seulement 1 080 000 000 de F CFA.
Le porte-parole du collectif a soutenu que s’il existait une passerelle entre la Fonction publique des collectivités territoriales et l’Enseignement supérieur, l’Etat aurait quatre fois moins de charges pour le paiement des heures supplémentaires.
Selon lui, face à cette situation qui constitue un véritable manque à gagner pour l’État, le DGESRS a suggéré au ministre la mise en place d’un cadre de réflexion regroupant les différents acteurs pour faire profiter l’État à partir de la hiérarchisation des fonctionnaires des collectivités territoriales détenteurs de Doctorat ou de Master de recherche.
Malheureusement, regrette le conférencier, cette note technique rédigée à la demande du ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique de l’époque, le Pr Amadou KEITA, est restée sans suite depuis bientôt un an.
Pour avoir gain de cause, les membres du Collectif ont sollicité l’implication personnelle du Président de la transition, le Colonel Assimi GOITA, pour leur hiérarchisation.
PAR MODIBO KONE