Le chef de la politique étrangère de l’Union européenne, Josep Borrell, a déclaré ce mercredi 30 août 2023, que le Gabon et tous les pays d’Afrique de l’Ouest se trouvaient dans une situation difficile. Il a noté qu’il fallait réfléchir profondément à l’amélioration du bloc, car elle représente un enjeu majeur pour l’Europe. C’est ce qui ressort d’un discours prononcé par Borrell lors d’une réunion des ministres de la Défense de l’Union européenne tenue dans la ville espagnole de Tolède.

Le haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité a souligné que les pays de la région représentaient un «grand problème pour l’Europe»
Un groupe de militaires est apparu à la télévision d’État au Gabon, hier mercredi, annonçant la prise du pouvoir dans le pays, peu après l’annonce par l’instance des élections que l’actuel président, Ali Bongo, avait remporté le scrutin pour un troisième mandat présidentiel avec plus de 67%.
Les militaires ont annoncé l’annulation des élections, qui ont eu lieu samedi, la dissolution de toutes les institutions de l’État et la fermeture des frontières jusqu’à nouvel ordre.
Borrell a ajouté que «les ministres de la Défense de l’UE discuteront de la situation au Gabon», ajoutant que «si cela se confirme, ce sera un nouveau coup d’État militaire qui accroîtra l’instabilité dans toute la région».
«L’ensemble de la région, à commencer par la République centrafricaine, puis le Mali, le Burkina Faso et maintenant le Niger, et peut-être le Gabon, se trouve dans une situation très difficile», a-t-il ajouté.
Il a souligné que «les ministres (réunis à Tolède) devraient réfléchir profondément à ce qui se passe là-bas, ainsi qu’à la manière dont les membres de l’UE pourraient améliorer leur politique à l’égard de ces pays, étant donné qu’il s’agit d’une question importante pour l’Europe».
Les observateurs estiment que le coup d’État au Gabon a été préparé à l’avance, d’autant plus que la victoire de Bongo était attendue lors d’élections entachées d’accusations de fraude, notamment après que la Constitution ait été amendée pour permettre au Président de briguer un troisième mandat, dans un contexte d’opposition généralisée au sein de la population.
Les analyses indiquent également que la prise du pouvoir par les militaires à Niamey a propulsé le même scénario au Gabon, surtout qu’aucune partie n’a pu changer la position du conseil militaire au Niger malgré la menace de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest «CEDEAO» d’une intervention militaire pour restaurer l’ordre constitutionnel représenté par Mohamed Bazoum, détenu depuis le 26 juillet.

Par Abdoulaye OUATTARA

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