Le nouveau président du Ghana, John Dramani MAHAMA et son homologue Alassane Dramane OUATTARA lors d’un point de presse conjoint tenu à Abidjan ont appelé les membres de la Confédération de l’Alliance des Etats du Sahel à revenir sur leur décision de retrait de la CEDEAO devenu effectif depuis le 29 janvier dernier. Le président ghanéen se propose de rencontrer, prochainement, les trois chefs d’Etat de l’AES qui ont déclaré que le retrait de la CEDEAO est irréversible.

Le nouveau président du Ghana, John Dramani MAHAMA, a effectué une visite de travail en Côte d’Ivoire où il a été reçu par son homologue Alassane Dramane OUATTARA. Lors d’un point tenu le mercredi 5 février, les deux chefs d’Etat ont évoqué le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO après avoir créé la confédération AES.
Ce retrait, devenu effectif depuis le 29 janvier, après le préavis d’un an conformément aux textes de la CEDEAO, constitue un affaiblissement de l’organisation sous-régionale. Alors que les discussions sont envisagées pour matérialiser la rupture, le président ghanéen a souhaité être « un pont entre la CEDEAO » et l’AES afin qu’ils « restent dans la sous-région et fassent une transition vers la démocratie constitutionnelle ».
Après l’échec de la médiation du président sénégalais Bassirou Diomaye FAYE, le président ghanéen a exprimé son optimisme quant à une possible réintégration des pays concernés, soulignant qu’« il est préférable de rester dans un groupe de quinze que dans un groupe de trois.»
Depuis son élection, il plaide pour un possible retour des trois Etats membres de l’AES au sein de la communauté accusée d’être instrumentalisée par des puissances étrangères.
Pour le Burkina Faso, le Mali et le Niger, « la CEDEAO est devenue une menace pour ses États membres et ses populations dont elle est censée assurer le bonheur ».
Selon lui, il est important de travailler à ce retour en mettant en avant les liens économiques et humains qui unissent ces nations à la région.
« Je souhaite que l’appel du président MAHAMA puisse être entendu par ces trois pays frères, que nous puissions continuer ensemble au sein de la Cedeao », a espéré le président OUATTARA estimant que l’avenir de ressortissants de la CEDEAO dépend de son bloc, surtout qu’elle est taxée être la meilleure organisation d’intégration des peuples en dépit des contraintes sur la libre circulation.
« Nous vous faisons confiance pour qu’à l’occasion de vos entretiens avec ces pays frères, vous puissiez les convaincre de rester dans la CEDEAO, car il y va de l’avenir des peuples de l’Afrique de l’Ouest », a insisté le président ivoirien.
Déjà, les chefs d’Etat de la confédération AES ont affirmé que leur retrait de la CEDEAO est irréversible. Pour eux, la CEDEAO est une page tournée et il n’est pas question de revenir sur leur décision.
Outre l’appel à éviter la désintégration de la CEDEAO, le président ghanéen a exprimé son soutien aux membres de l’AES dans leur lutte contre le terrorisme.
En effet, le Mali, le Niger et le Burkina Faso depuis des années sont en proie à l’insécurité. Selon le dernier rapport de l’ONU, la zone AES a connu, en 2024, une augmentation de 400% d’attaques terroristes et une hausse de 237% de décès dus au terrorisme.
« Nous sommes prêts à les aider à combattre le terrorisme, car nous savons tous que quand la maison de votre voisin brûle, il faut l’aider à éteindre le feu avant qu’il se propage chez vous. Il y a plus de choses qui nous unissent que de choses qui nous divisent », a déclaré M. MAHAMA, qui a affirmé vouloir se rendre prochainement dans les trois pays.

PAR SIKOU BAH

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