Selon le dernier bulletin de suivi des financements publié par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), arrêté au 28 février 2026, seuls 53,6 millions de dollars ont été mobilisés sur une prévision de 577,9 millions de dollars. Autrement dit, 9,3 % des besoins sont couverts, laissant un déficit de 524,3 millions de dollars, soit 90,7 % des ressources encore à mobiliser.
Lancé en janvier dernier, le Plan de réponse humanitaire (PRH) 2026 du Mali a mobilisé 9% de ses besoins pour faire face à l’ampleur des besoins. À la même période, les niveaux de financement étaient significativement plus élevés en 2024 et en 2025.
Le bulletin d’OCHA met en évidence une contraction préoccupante de la mobilisation internationale, dans un contexte pourtant marqué par la persistance de l’insécurité, des déplacements internes et de la vulnérabilité alimentaire.
Depuis 2016, le taux de couverture du plan humanitaire oscillait généralement entre 32 % et plus de 50 % à différents stades de l’année. En 2026, le démarrage apparaît particulièrement lent. Ce recul intervient alors que les besoins humanitaires restent structurels et multidimensionnels : insécurité alimentaire, protection des civils, accès à l’eau potable, santé, nutrition et éducation.
Le financement enregistré à ce stade provient majoritairement des gouvernements, qui représentent 41,2 millions de dollars dans le cadre du PRH, sur un total de 53,6 millions et des organisations multilatérales contribuent à hauteur de 11,2 millions de dollars.
L’analyse sectorielle révèle que les besoins les plus importants concernent la sécurité alimentaire, avec 149,4 millions de dollars requis, suivie de la protection (102,4 M$), des abris et articles ménagers essentiels (60,4 M$), de l’éducation (50,5 M$) et de la nutrition (47 M$).
Cette faiblesse de la couverture financière pourrait compromettre la continuité des programmes de prise en charge nutritionnelle, d’accès aux soins primaires ou encore de soutien alimentaire dans les zones les plus vulnérables.
Du côté des bénéficiaires, les ONG internationales concentrent la plus grande part des financements du PRH, avec 31,7 millions de dollars, suivies des agences des Nations unies (14,3 M$) et des fonds communs (7,2 M$). Parmi les organisations les plus financées figurent : Save the Children (12,5 M$), UNICEF (5,0 M$), Programme alimentaire mondial (3,8 M$), Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (1,3 M$), l’Organisation internationale pour les migrations (1,8 M$).
Les ONG nationales, en revanche, ne reçoivent qu’une part marginale du financement, ce qui pose la question du renforcement des capacités locales dans la mise en œuvre de la réponse.
Dans ce contexte, la faible mobilisation financière observée à la fin février 2026 constitue un signal d’alerte. Sans un engagement accru des partenaires techniques et financiers, la mise en œuvre du Plan de réponse humanitaire risque de subir des retards importants, voire des réductions d’activités.
PAR SIKOU BAH