Principal produit d’exportation du Mali, l’or continue de susciter un intérêt croissant des investisseurs, porté par la hausse des prix mondiaux. Cette dynamique se matérialise à travers le développement de nouveaux projets industriels, à l’image de Kandiolé, porté par la société canadienne Roscan Gold Corporation.
Le 2 mars 2026, la compagnie a publié une évaluation économique préliminaire (Preliminary Economic Assessment – PEA) jugée positive pour son Kandiolé Gold Project. Dans ce projet, Roscan prévoit un investissement initial de 218,7 millions USD, soit plus de 123 milliards de FCFA, pour la construction d’une nouvelle mine d’or sur le site de Kandiolé. Selon la PEA, le capital initial est estimé à 218,7 millions USD, voire 297,2 millions USD toutes dépenses confondues.
Le projet minier pourrait livrer 834 858 onces d’or sur une durée de vie estimée à environ 13 ans.
L’investissement annoncé devrait être récupéré 2,8 ans après le démarrage de la production. Sous un prix de l’or de base de 3 100 USD/once, le projet génère une valeur actuelle nette (VAN) après impôts à 5 % de 498 millions USD, près de 300 milliards de FCFA et un taux de rendement interne (TRI) de 43 %, avec une période de remboursement estimé à 2,8 ans.
Ces évaluations interviennent dans un contexte où les prix de l’or ont progressé de plus de 60 % en 2025, renforçant l’intérêt stratégique de nouveaux développements miniers.
La PEA prévoit une production annuelle moyenne de 92 786 onces d’or au cours des quatre premières années, avec des coûts soutenus tout compris, d’environ 1 200 USD/oz.
Le plan minier couvre l’extraction de 31,1 millions de tonnes de minerai, avec un ratio minerai/déchet (strip ratio) de 3,8 :1 et une teneur moyenne traitée de 0,89 g/t d’or.
Roscan présente la publication de la PEA comme une étape déterminante dans l’avancement du projet. Toutefois, l’étude demeure préliminaire et repose sur des ressources minérales qui devront être converties en réserves exploitables.
Le président de Roscan, Nana Sangmuah, souligne d’ailleurs le potentiel d’expansion du projet : « la majeure partie du minerai destiné à l’usine [de la future mine, Ndlr] provient de seulement trois des six gisements inclus dans l’estimation des ressources, ce qui souligne un potentiel de croissance important grâce à des forages supplémentaires ».
Parmi les prochaines étapes figurent la sécurisation du permis d’exploitation minière, actuellement en phase finale d’examen, ainsi que l’ouverture de discussions pour mobiliser le financement nécessaire à la construction.
Des travaux environnementaux et d’ingénierie sont déjà engagés afin de soutenir les phases suivantes du développement.
Pour Roscan, la concrétisation de Kandiolé jusqu’à la phase de construction revêt une importance stratégique majeure, la société ne disposant à ce stade d’aucun actif en production.
Pour le Mali, le projet Kandiolé s’inscrit dans une ambition plus large de renforcement des retombées économiques du secteur aurifère. Cette orientation s’est traduite par plusieurs réformes, notamment l’adoption du nouveau Code minier de 2023.
L’or demeure le pilier du secteur extractif malien. En 2022, il a représenté 76,5 % des exportations nationales et 9,2 % du PIB, selon l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE).
Outre Kandiolé, le Mali accueille d’autres projets avancés, notamment Kobada, développé par Toubani Resources, qui prévoit une production de 162 000 onces d’or par an sur une durée estimée à 9,2 ans.
PAR SIKOU BAH