Le Premier ministre, Général de Division Abdoulaye MAÏGA, a présenté ce vendredi 16 mai 2025 devant le Conseil National de Transition (CNT) le Programme d’Action du Gouvernement (PAG) pour la période 2025-2026. Intervenant dans un contexte marqué par la dissolution intervenue, le mardi 13 mai 2025, des partis politiques, Abdoulaye MAIGA était très attendu sur la question de l’Organisation des élections et le retour à l’ordre constitutionnel.
S’il ressort de son discours que l’État s’engage à organiser des élections crédibles, à travers la consolidation du cadre juridique électoral en partenariat avec l’AIGE, cependant aucune date n’est annoncée pour la tenue de ces élections.
La seule certitude est que le processus d’élaboration et de mise à jour des projets de textes de lois et instruments relatifs aux questions électorales se poursuivra, en collaboration étroite avec l’Autorité Indépendante de Gestion des Élections (AIGE).
Mais, à ce niveau, la question que l’on se pose est de savoir combien de réformes pour convaincre le gouvernement à aller aux élections et pendant combien de temps ?
Pour l’heure, les seules certitudes en la matière restent la relecture de la loi électorale, la création de « l’Autorité indépendante de Gestion des Élections » et surtout l’adoption de la Constitution du 22 juillet 2023 consacrant la 4e République.
Aussi, une enveloppe consacrée aux élections figure dans le budget 2025 du gouvernement avec plus de 70 milliards de FCFA.
Également, le gouvernement vient, depuis quelques semaines, d’ouvrir un nouveau chantier dans le domaine avec le processus d’élaboration d’une nouvelle Charte des partis politiques.
La création de conditions pour des élections transparentes et apaisées figure au point 8 de la lettre de cadrage du Général d’Armée Assimi GOÏTA, Président de la Transition, adressée au Gouvernement, lors du Conseil des Ministres inaugural du 27 novembre 2024.
Pour l’organisation d’élections transparentes et apaisées, la mission du gouvernement Abdoulaye MAÏGA est de créer les conditions nécessaires à l’organisation d’élections transparentes, sécurisées et apaisées qui devront mettre un terme à la Transition.
Aussi, pour les autorités de la transition, un défi majeur à relever sera de veiller à ce que les élections à venir, mécanisme essentiel du jeu démocratique, se tiennent dans la transparence et sans parti pris de l’administration.
Notamment que les listes électorales soient fiables sans doublons et les scrutins faits avec une enveloppe financière raisonnable et soutenable, à la mesure des moyens modestes de notre pays.
Pour le président de la transition, l Assimi Goïta, les multiples soubresauts politiques que nos pays ont connus depuis l’avènement de la Démocratie ont indiqué à suffisance la nécessité de mener des réformes politiques en profondeur.
D’ailleurs, l’histoire retiendra que ce sont les élections législatives de 2020, mal organisées et mal gouvernées, qui ont suscité, à juste raison, beaucoup de critiques fondées et ouvert la crise politique et institutionnelle que notre pays n’a pas encore fini de gérer.
A l’issue des Assises nationales de la Refondation, véritable exercice de diagnostic, notre peuple a recommandé de mener des réformes politiques prioritaires, avant tout retour à l’ordre constitutionnel.
Aussi, en toute logique et pour ancrer une véritable démocratie dans la pratique et dans les mœurs, l’option judicieuse a été prise cette fois-ci de conditionner le retour à l’ordre constitutionnel, désiré par les Maliens à des conditions strictes et évaluables.
En d’autres termes, il faut des conditions optimales de sécurité, de quiétude et d’apaisement pour parvenir à un ordre constitutionnel apaisé et sécurisé.
«La création de conditions pour des élections transparentes et apaisées occupera une place importante dans l’action gouvernementale. Dans un pays qui se remet d’une décennie de crise multidimensionnelle, nous ne ménagerons aucun effort pour éviter à notre pays une crise électorale. Cette préoccupation nous oblige à prendre de manière rigoureuse, avant toute élection, les dispositions politiques, sécuritaires et techniques idoines », a déclaré Abdoulaye MAIGA devant les membres du CNT, avant de rassurer que «le Gouvernement compte accorder une attention particulière à l’élaboration et la consolidation de l’arsenal juridique y afférent ».
En lisant entre ces lignes, l’on se rend compte que la tenue des élections au Mali n’est pas pour demain.
Par Abdoulaye OUATTARA