Le cercle Koro, dans la région de Bandiagara, fait face à une urgence humanitaire sans précédent. En moins d’une semaine, la localité a enregistré près de 9 000 réfugiés burkinabè, fuyant les violences dans leur pays. Ce flux massif, majoritairement composé de femmes et d’enfants, submerge les capacités d’accueil et met sous pression les organisations humanitaires, déjà confrontées à des budgets limités.

Une situation d’urgence humanitaire se profile à Koro où l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) rapporte un afflux massif et continu de réfugiés burkinabè depuis le 5 août. Dans une note, rendue publique ce vendredi 15 août 2025, HCR évoque des chiffres alarmants et un état de vulnérabilité extrême.
Selon le HCR, ces familles fuient les menaces, les violences et l’insécurité qui sévissent dans une quinzaine de villages frontaliers du Burkina Faso, notamment dans les provinces du Loroum et du Sourou.
« Entre le 7 et le 14 août, le nombre de réfugiés est passé de 430 ménages de 1 200 personnes à 2 282 ménages de 9 351 personnes, soit sept fois plus en moins d’une semaine », précise la note.
Les réfugiés arrivés à Koro sont majoritairement des femmes et des enfants. Beaucoup disent avoir quitté leurs localités à la suite d’un ultimatum lancé par des groupes armés.
« Ils sont arrivés dans un état d’extrême vulnérabilité, avec des besoins urgents en abris, en vivres, en eau potable, en articles d’hygiène et d’assainissement, ainsi qu’en soutien psychosocial », insiste le HCR.
Si la solidarité locale a permis de soulager temporairement leur détresse, les besoins restent immenses.
« La dernière mobilisation en date a été celle de la coordination locale de la jeunesse, qui a offert des vivres aux réfugiés », rapporte l’agence onusienne.
La note rappelle que ces arrivées s’ajoutent à une situation déjà critique.
« Au 31 juillet 2025, le Mali comptait 140 404 réfugiés enregistrés, dont plus de 70 % originaires du Burkina Faso. À cela s’ajoutent environ 100 000 réfugiés encore en attente d’enregistrement, essentiellement dans les régions de Bandiagara et Douentza », indique le HCR.
Avec près de 60 000 réfugiés, Koro est désormais la localité qui concentre la plus forte présence de personnes déplacées au Mali.
Pour faire face à cette urgence, le HCR a déployé ses équipes spécialisées aux côtés de la Commission nationale chargée des réfugiés (CNCR).
« L’enregistrement est essentiel pour garantir aux réfugiés l’accès aux services de base et identifier les personnes ayant des besoins spécifiques », souligne la note.
Dans le même temps, annonce la Mission onusienne, « plus de 15 000 articles essentiels non alimentaires, des moustiquaires, des couvertures, des lampes, etc. seront distribués aux réfugiés ».
Le HCR se félicite des premiers engagements de partenaires humanitaires.
« Le HCR salue les manifestations d’intention des partenaires humanitaires qui, à la suite de ses actions de plaidoyer, se sont exprimés et positionnés pour répondre à certains besoins, et les encouragent à concrétiser leurs engagements », peut-on lire.
Toutefois, le HCR alerte sur ses moyens limités.
« La crise budgétaire sans précédent qui frappe presque l’ensemble des organisations humanitaires a drastiquement réduit nos capacités de réponse », reconnaît l’institution.
Malgré ces contraintes, le HCR assure rester mobilisé.
« Aux côtés du gouvernement du Mali et des partenaires, nous poursuivons l’évaluation des besoins afin d’ajuster continuellement la réponse à cette crise humanitaire », conclut la note.

PAR SIKOU BAH

 

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