Afin de réduire l’exploitation des enfants à travers la mendicité, le projet Joining Forces For Africa Agir contre le Travail des Enfants ‘‘JOFA ACTE, plaide auprès du gouvernement pour l’adoption d’un texte déterminant l’intégration des écoles coraniques dans le système scolaire national. Ladite note de plaidoyer a été présentée ce samedi 23 août 2025 dans la salle de conférence d’ENDA-Mali.

La rencontre a enregistré la présence d’Amadou THIAM, directeur de la cellule nationale de lutte contre le travail d’enfants (CNLTE); de Soumaila DIARRA, directeur régional de ENDA à Bamako ; Sékou KEITA, chargé de projet à ENDA Mali; ainsi que d’autres travailleurs de la structure.
Son objectif était de sensibiliser les autorités à prendre des décisions sur le rattachement des écoles coraniques dans le système scolaire national.
Il s’agissait également de partager l’état d’avancement des travaux du processus de rattachement des écoles coraniques au système éducatif malien ; de sensibiliser le gouvernement du Mali à adopter des textes déterminant l’intégration des écoles coraniques dans le système éducatif national ; et d’inciter les autorités à prendre des mesures pour interdire le travail des enfants, notamment la mendicité etc.
Placées jusqu’à un passé récent sous la tutelle du ministère de l’Administration territoriale et des collectivités locales, les écoles coraniques traditionnelles ne sont plus considérées au Mali comme des établissements d’enseignement.
Pour le directeur de ENDA, les multiples difficultés auxquelles elles sont confrontées sont notamment la non-existence de structures d’encadrement et de suivi, la non prise en charge des enfants et le manque de toute perspective d’insertion socioprofessionnelle. Celles-ci constituent de sérieux défis à relever à la fois pour les acteurs, les apprenants et les pouvoirs publics.
Il a aussi mis l’accent sur les conséquences du travail des enfants, plus précisément la mendicité, incluant dans l’enseignement coranique traditionnel. Selon M. DIARRA, il a un impact social dans les communautés et les pays où l’incidence de cette pratique est élevée.
« Ne pas achever sa scolarité, ne pas avoir accès à l’enseignement et à la formation technique et professionnel ou l’enseignement supérieur ou technologique ont des conséquences sur la productivité des adultes que ces enfants deviendront et, par conséquent ont un impact sur le développement et la transformation de leurs sociétés », a indiqué M. DIARRA.
Pour convaincre le gouvernement a adopté ladite mesure, il soulignera que l’intégration des écoles coraniques dans le système scolaire malien est un défi complexe, mais elle représente une opportunité précieuse pour le développement de l’éducation et de la société malienne.
« Car au vu des statistiques ou du moins des résultats des études et des recherches qui ont pu être réalisées dans le domaine par les différents acteurs sur le terrain, du niveau local, national ou régional sont préoccupants », a dit Soumaila DIARRA.
C’est pour ces raisons que le rattachement ou l’arrimage des écoles coraniques traditionnelles, selon lui, a son sens au Mali et même dans la région Ouest Africaine. Elle nécessite une approche progressive, inclusive et respectueuse des spécificités culturelles et religieuses de chaque communauté, a-t-il soutenu.
Ce rattachement contribuerait, pour les acteurs de lutte contre le travail d’enfants, à réduire les inégalités éducatives et les pires formes de travail des enfants, leur exploitation à travers la mendicité qui est condamnée par les textes de loi du Mali.
Cette mesure offrira à toutes et à tous, quelle que soit leur origine ethnique ou leur éducation, un accès équitable à une éducation de qualité à la base, a conclu le directeur Soumaila DIARRA.
Pour sa part, M. Amadou THIAM a ajouté qu’il est nécessaire que les enfants des deux structures différentes profitent de la même protection, et du même accompagnement.
Selon lui, l’Etat a l’obligation de protéger tous ses enfants.`

PAR AMINA SISSOKO

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