Dans le cadre de la commémoration de la journée mondiale de la contraception, les jeunes Ambassadeurs pour la santé de la reproduction ont organisé, le samedi dernier, au Musée national, une causerie débat sur le thème : « Quelles stratégies pour améliorer l’offre de services des méthodes contraceptives en vue d’atteindre les 30% du taux de prévalence contraceptive moderne d’ici l’horizon 2023 » ? Le thème a été décortiqué par l’imam Yacouba TOURÉ, leader religieux ; le Dr Mariam GARANKO de l’Office national de la santé de la reproduction ; le Dr Sané N’DIAYE de la société civile et Boubacar DIARRA président du Réseau des jeunes ambassadeurs pour la santé de la reproduction.
Le secrétaire général du Réseau des jeunes ambassadeurs pour la santé de la reproduction au Mali, Younouss DICKO, a expliqué que cette activité a été organisée en collaboration avec la coalition des organisations de la société civile pour le repositionnement de la planification familiale.
Selon lui, notre pays a pris des engagements et a envisagé pas mal de stratégies pour booster le taux de prévalence contraceptive, dont l’objectif est d’atteindre 30% d’ici l’horizon 2023.
« L’heure est venue de faire le bilan pour connaître ce qui a été fait et quelle stratégie à adopter pour aider le gouvernement à promouvoir la planification familiale », a déclaré Youssouss DICKO.
Namory TRAORÉ de l’ONG Marie Stopes Mali a expliqué que son organisation, à travers son projet Hèrè, a décidé d’accompagner financièrement les jeunes ambassadeurs dans cette activité. Selon lui, cette initiative des jeunes ambassadeurs s’inscrit en droite ligne par rapport aux préoccupations et aux objectifs de l’ONG Marie Stopes Mali en termes d’atteinte du taux fixé par le Mali.
Se prononçant sur la position de l’islam sur la planification familiale, l’imam Yacouba TOURÉ a expliqué que l’islam s’intéressait beaucoup à l’espacement des naissances. Selon lui, depuis fort longtemps l’islam s’est prononcé sur cette question. Aux dires du leader religieux, le Livre Saint de l’islam recommande d’allaiter l’enfant jusqu’à 2 ans.
« L’islam parle aussi de la manière de faire l’espacement des naissances. L’objectif est de soulager l’enfant, la maman et le papa », a-t-il précisé.
Pour sa part, le Dr DOUCOURÉ Mariam GARANKO, responsable de la santé des adolescents à l’Office national de la santé de la reproduction (ONASR) a expliqué les stratégies mises en place par l’État pour atteindre 30% du taux de prévalence contraceptive. Selon elle, le Mali accorde une importance particulière à la santé de la reproduction qui vise le bien-être de la communauté.
Le Dr Mariam GARANKO a expliqué que la pratique de la planification familiale est autorisée sur l’ensemble du territoire national. Aussi, dit-elle, la fabrication, l’importation, la vente et la promotion des méthodes contraceptives sont autorisées au Mali. Elle a cependant précisé que l’avortement n’est pas une méthode contraceptive et est formellement interdit au Mali.
« L’avortement peut être autorisé si c’est pour sauver la vie de la femme. Mais il faut d’abord l’avis de trois spécialistes », a indiqué le Dr Mariam GARANKO.
Par ailleurs, dira-t-elle que la femme fait la planification familiale suite à l’autorisation de son mari. Mais, précise la responsable de l’ONASR, si c’est pour sa santé, la femme peut le faire même avec l’avis contraire de son mari.
Comme stratégie pour atteindre 30% du taux de prévalence contraceptive, le Dr Mariam GARANKO a cité entre autres les campagnes de sensibilisation ; les projets et programmes qui font la promotion de la planification familiale ; les cliniques mobiles qui sillonnent les fins fonds du pays…
Elle a également apprécié cette activité des jeunes ambassadeurs, qui selon elle, permet d’acquérir des connaissances sur les engagements pris par l’État ; ce qui a été fait ; les goulots d’étranglement et comment les jeunes peuvent apporter leurs contributions dans le bien-être de la population en général.
Selon Dr Mariam GARANKO, l’ONASR prend en compte tout ce qui concerne la santé de la reproduction.
À son tour, le Dr Sané N’DIAYE, a expliqué les actions menées par la société civile pour améliorer la santé de la reproduction. Elle a fait savoir que l’accent est mis sur la sensibilisation si bien qu’en matière de santé de la reproduction le plus important est que les cibles soient bien informées.
Le président du Réseau des jeunes ambassadeurs pour la santé de la reproduction, Boubacar DIARRA, a informé que les données de l’enquête de démographie et de santé menée en 2018 indiquent que le Mali était à 16,03% du taux d’utilisation des contraceptifs. Pour lui, pour atteindre l’objectif fixé il faudrait que le gouvernement mette l’accent sur le budget alloué aux services de la santé de la reproduction. Pour cela, il a appelé les jeunes à rester vigilants et à rappeler les autorités quant au respect des engagements pris.
PAR MODIBO KONÉ