La 15e édition des CEO TALKS du Réseau de l’Entreprise en Afrique de l’Ouest (REAO-Mali) s’est tenue le samedi 16 mai autour du thème : « L’Architecte, rôle et responsabilité dans la construction et la gestion de nos villes » animée par l’architecte Alhousseini Touré, qui n’a pas manqué de lister les défis à l’urbanisation, à la gestion des villes auxquels notre est confronté.
À l’ouverture de la session, la présidente du REAO-Mali, Dr. Awa DIARRA, a rappelé l’esprit de cette initiative, présentée comme un espace d’échange et de transmission d’expériences à laquelle ont pris part plusieurs responsables, experts, étudiants, chercheurs, anciens responsables de départements, entre autres.
« Les CEO TALKS veulent avant tout un cadre d’échange, de partage d’expérience entre les dirigeants d’entreprises, les décideurs économiques et les jeunes. Parce que les jeunes, c’est vous qui êtes l’avenir de ce pays », a-t-elle déclaré.
Ensuite, elle a rappelé que le thème retenu pour cette édition est d’aborder le rôle et la responsabilité de l’architecte dans la construction et la gestion de nos villes. Dans cette dynamique, a-t-elle indiqué, l’architecte joue un rôle essentiel.
Prenant la parole, l’architecte Alhousseini TOURE a expliqué que « le rôle de l’architecte dans la construction et le développement de la ville dépasse largement la simple conception des bâtiments. L’architecte (…) est à la fois concepteur, coordinateur, conseiller technique, acteur culturel, urbaniste et garant du cadre de vie ».
Selon lui, l’architecte intervient aux côtés des urbanistes et ingénieurs dans l’élaboration des plans d’urbanisme, des schémas directeurs et des projets de quartiers.
« C’est à partir de là que la ville est structurée, il aide à structurer les mobilités, les trajets que vous vivez chaque jour pour aller de la maison au travail, les espaces publics, la densité des quartiers, les fonctionnalités urbaines », a-t-il déclaré.
Le conférencier a également insisté sur les questions liées au cadre de vie, à l’esthétique urbaine et à l’accessibilité. Selon lui, le cas de Bamako ne crée pas toutes les conditions de commodité pour ses habitants. La ville, a-t-il relevé, fait face à une urbanisation rapide et à plusieurs difficultés structurelles.
« On a eu une urbanisation très très rapide. Le temps qu’on se tourne, on se rend compte que les flancs de collines sont déjà vendus et occupés », a-t-il déclaré. A cela s’ajoutent des quartiers sous-équipés, des tensions foncières ainsi que l’étalement de la ville qu’il va falloir maîtriser.
A l’image de notre pays, presque tous les pays africains sont confrontés à cette problématique démographie mal maîtrisée de leur capitale. L’autre constat est : seules les capitales africaines sont développées, en laissant les villes secondaires à leur triste sort. Or, le développement de ces villes éviterait trop d’exode vers la capitale.
Pour répondre à ces défis, il a suggéré la nécessité d’aller vers une densification de la ville et de développer une ville multicentre qui éviteraient de tout centraliser à un même espace comme c’est le cas de notre capitale.
« Nous avons 80% à 90% de la population qui se retrouvent derrière le fleuve et nous avons la plupart des services qui se retrouvent sur la rive gauche. Donc vous voyez qu’est-ce que ça crée comme embouteillage », a-t-il expliqué.
Par ailleurs, la problématique d’adoption de nos constructions aux enjeux climatiques a été évoqués par de nombreux participants. Certains ont demandé la valorisation de nos matériaux de construction.
A ce sujet, le conférencier est sans équivoque : « L’architecte a aussi l’obligation de valoriser l’architecture culturelle. Mais souvent, cette ambition est butée au problème de moyen des clients, mais également de la disponibilité des matériaux locaux. »
Intervenant également à l’occasion, Cheick KANTE, président sortant de l’ordre des architectes, indiqué qu’au-delà des difficultés et défis évoqués par le conférencier, il y a l’absence de schéma directeur adapté et actualité pour notre pays.
PAR SIKOU BAH