Initialement prévu jeudi dernier, la justice de notre pays doit se statuer aujourd’hui sur le placement sous administration provisoire de la mine de Loulo-Gounkoto. Au même moment, Barrick à bout de souffle, semble ne plus compter, en tout cas pour cette année, sur les prévisions de cette mine, l’une des principales du Mali.
Selon les informations de Reuters, le gouvernement de la transition, actionnaire du complexe aurifère de Loulo-Gounkoto, a saisi en mai le tribunal de commerce de Bamako afin de nommer un administrateur, signalant ainsi sa volonté de mettre fin à l’impasse actuelle et de rouvrir le complexe alors que les cours mondiaux de l’or sont en forte hausse.
C’est aujourd’hui que le tribunal de commerce doit se statuer sur cette demande du gouvernement de notre pays qui pourrait autoriser la reprise des activités de cette mine détenue à 80 % par la compagnie canadienne et qui se trouve à l’arrêt suite à un litige fiscal avec l’Etat depuis janvier 2025. En cause : le blocage des exportations d’or, la saisie de près de 3 tonnes de stock, et la détention temporaire de plusieurs employés, dans un contexte de bras de fer fiscal et juridique entre Bamako et la multinationale.
Dans le bras de fer, Barrick semble peu optimiste quant à son avenir au Mali. Comme le souligne Reuters, la compagnie canadienne a d’ores et déjà retiré la mine qu’elle exploite dans le pays, le site de Loulo-Gounkoto, de ses prévisions de production pour 2025. Dès février dernier, lors de la présentation de ses résultats annuels, Barrick n’avançait aucun chiffre de production pour sa mine malienne cette année.
Dans tous les cas, cette situation représente une perte énorme pour l’entreprise canadienne. Selon les analystes, cette mise en retrait pourrait amputer jusqu’à 11 % de l’EBITDA 2025 de Barrick si la situation ne se débloque pas. Le site, détenu à 80 % par Barrick et à 20 % par l’État malien, représentait jusqu’à 14 % de la production mondiale du groupe.
PAR SIKOU BAH