La présence des engins explosifs improvisés (EEI) est la principale contrainte d’accès des humanitaires à la population. A la date du 17 avril, 268 incidents étaient liés aux EEI dans notre pays, plus que toutes les formes contraintes d’accès auxquelles OCHA est confrontée entre 2022 et 2023.
Le Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies (OCHA) Mali sonne l’alerte dans son dernier rapport périodique sur l’impact des engins explosifs improvisés (EEI).
Au premier trimestre de cette année, des sources humanitaires ont rapporté plusieurs cas d’incidents liés aux engins explosifs, faisant des victimes au sein des populations civiles.
Plus touchant et qui interpelle, ce sont les cas des quatre enfants de 11 à 13 ans qui ont perdu la vie à Ségou et à Ansongo à la suite de l’explosion d’engins improvisés au cours des deux dernières semaines de mars, rapporte OCHA.
Les rapports humanitaires de mars 2023 indiquent que l’engin qui a ôté la vie aux enfants à Ségou était dissimulé dans une canette de soda. Ce sont des indices que la menace explosive prend des formes pernicieuses de piège pour personnes innocentes et non averties, alerte la Mission onusienne.
Le tableau de bord de l’accès humanitaire a dénombré à la date du 17 avril 39 incidents liés aux engins explosifs improvisés (EEI) avec plus d’une trentaine de morts et 86 blessés, toutes victimes confondues.
Pour OCHA, cette situation appelle à une action rapide, parce que la menace des engins explosifs s’étend des régions moins peuplées du nord à celles du centre et du sud, densément peuplées.
« La prolifération et l’éparpillement des EEI/mines dans les régions du centre impactent fortement l’accès des populations à leurs moyens d’existence, aux services sociaux de base et à l’assistance humanitaire », a déploré OCHA dans son bulletin d’information.
L’une des conséquences de cette situation est l’abandon de certaines zones par des humanitaires comme c’est le cas d’une ONG internationale dans la région de Gao qui a décidé de suspendre provisoirement, à la fin mars, ses activités de sensibilisation par peur d’être impactées par les engins explosifs.
D’autres contournent les axes routiers classés rouge, avec comme conséquence des coûts supplémentaires sur leurs capacités d’intervention.
« Demain, une autre pourrait être amenée à arrêter une opération de distribution de vivres ou d’abris, alors que le besoin de sauver des vies se fait pressant aujourd’hui plus que jamais», s’inquiète OCHA alors que la mobilisation financière pour des actions humanitaire dans nos pays n’est pas hauteur de souhait.
La Mission onusienne redoute qu’avec l’intensification des mouvements de population observée au premier trimestre 2023 que l’impact humain des EEI devienne plus grand.
Sur les 15 derniers mois, les humanitaires et les populations civiles se sont trouvés confrontés à une moyenne mensuelle de 40 incidents, signe que la menace s’installe durablement, avec le risque de sophistication grandissante et un impact plus dévastateur, a affirmé OCHA dans son document.
PAR SIKOU BAH