Le laisser-aller est désormais terminé. Face à la prolifération désordonnée d’affiches publicitaires et de graffitis commerciaux sur les façades des bâtiments administratifs, le gouvernement sort de sa réserve. Dans un communiqué au ton ferme, daté du 23 octobre 2026, le ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration tire la sonnette d’alarme et rappelle à l’ordre tous les professionnels du secteur.
Le constat est amer. Le département dirigé par le ministre Alhamdou AG Ilyène dit avoir constaté une recrudescence de l’utilisation abusive des bâtiments publics comme supports publicitaires. Écoles, lycées, emprises militaires, murs administratifs : plus rien n’est épargné. Des marques, des opérateurs téléphoniques et des produits de grande consommation utilisent les édifices de la République pour placarder leurs visuels, allant parfois jusqu’à réaliser des dessins géants à même les murs.
Une pratique que le ministre juge inacceptable. Dans son communiqué, il déplore des actes qui portent atteinte à l’intégrité, à la propreté et à l’image des édifices publics, tout en bafouant le respect dû aux institutions et au patrimoine national.
Le rappel à la loi est clair. Le ministère invoque l’article 55 de la loi n° 2017-017 du 12 juin 2017 portant régime de la publicité au Mali, qui interdit formellement toute publicité sur le domaine public et les immeubles administratifs. Une disposition souvent ignorée sur le terrain.
Le ministre invite donc instamment les auteurs, commanditaires, imprimeurs et poseurs à se conformer sans délai à la réglementation et à faire preuve de civisme et de responsabilité. L’avertissement est sans équivoque : tout manquement exposera ses auteurs aux sanctions prévues par les textes, qui seront appliquées, assure le document, avec toute la rigueur requise.
Un message fort pour assainir le paysage urbain et restaurer l’autorité de l’État sur son propre domaine.
Par Aissétou Touré







