Amadou Albert MAÏGA, membre du Conseil national de transition (CNT) a affirmé, dans une vidéo postée sur sa page Facebook, que la guerre contre les ex-rebelles est imparable, prédisant la reprise prochaine des hostilités dans le Nord. Une déclaration jugée de va-t’en guerre par la CMA.

Dans un contexte de vive tension entre la CMA et le gouvernement dans la mise en œuvre de l’Accord, Dr Amadou Albert MAÏGA, membre du CNT, est monté au créneau. Vendredi 10 février 2023, il a publié une vidéo sur sa page Facebook dans laquelle il se prononce sur les relations très tendues entre le gouvernement et les ex-rebelles.
Dans son réquisitoire contre la France, le jeune membre du CNT a rappelé que la situation du nord du Mali est l’émanation de la guerre de l’OTAN contre la Libye, ayant abouti à l’assassinat du guide Mouammar Kadhafi. Malgré les dénonciations de cette guerre par le Mali, récrimine-t-il, l’Occident a assassiné Kadhafi, ouvrant ainsi un boulevard aux terroristes. Ces terroristes, soi-disant Maliens, sont venus s’installer au nord du Mali. En complicité avec leur parrain, la France, indique l’orateur, lourdement armé, ils sont rentrés au Mali pour réclamer leur indépendance.
Ce, explique-t-il, après avoir éventuellement apporté leur soutien à la France en trahissant le guide Kadhafi. Ces groupes armés ont obtenu de la France des garanties pour les aider à avoir leur indépendance.
Selon lui, les raisons de ce partenariat gagnant-gagnant entre ces deux entités s’expliquent par la richesse des ressources naturelles du sous-sol du nord du Mali. Celles-ci, a-t-il précisé, entrent dans la fabrication des armes biologiques, chimiques et nucléaires et constituaient pour la France une aubaine à saisir à tout prix.
Depuis quelques semaines, il a dû constater que la situation sécuritaire s’est dégradée. De plus en plus, les attaques se passent près de la capitale, comme celle qui a visé le camp de Kati.
« Aujourd’hui, nous voyons que cette situation a empiré. Parce qu’il faut rappeler que ces gens que la France soutient avaient commis de crimes de guerre et des exactions en 2012, notamment à Aguelhok, où nos militaires ont été assassinés lâchement. Il faut également rappeler que ces amis de la France qui sont venus par des infractions dans notre pays ont ouvert un boulevard à des terroristes qui sèment la terreur et la désolation dans le nord du Mali. Cela a continué. De l’Accord de Ouagadougou, nous sommes passés à l’Accord d’Alger en 2015. Et de l’Accord d’Alger, nous sommes dans une position où le Mali ne se retrouve dans cet Accord », a-t-il accusé.
Amadou Maïga voit dans certains de ces groupes armés des représentants de la France. Cependant, estime-t-il, parmi les groupes signataires de l’Accord, beaucoup sont avec l’État. Le Mnla a ses représentants au niveau du gouvernement, du Conseil national de transition et des services étatiques. C’est pour vous dire qu’aujourd’hui, les Maliens peuvent se pardonner.
« La guerre est inévitable à Kidal », dit Amadou Albert Maïga en annonçant « Très bientôt, nous rentrerons dans la guerre de libération de Kidal afin de couper la tête du serpent ».
Pour lui, la fusion des membres de la CMA en une entité politique et militaire ne doit pas faire peur face à l’armée nationale qui s’équipe et qui monte en puissance.
Ainsi, face à la situation, il a déclaré : « La libération de la région de Kidal est sur la table. L’armée est bien cantonnée à Kidal. Nous ne voulons plus que Kidal soit le couloir pour faire transiter l’État islamique sous les ordres du terroriste, d’aller attaquer Gao ou Ménaka. Il est temps qu’on se donne la main pour combattre cette minorité de personnes qui veulent prendre notre pays en otage. Nous allons les libérer pour le bonheur de tous les Maliens. Nous resterons unis, debout et engagés pour faire cette guerre et libérer notre pays du jeu du colonialisme, des terroristes et de la rébellion ».
Aussitôt les membres de la Coordination des mouvements de l’Azawad ont réagi. La CMA prend cette déclaration « au sérieux », a dit sur les réseaux sociaux l’un de ses porte-parole, Mohamed Elmaouloud RAMADANE.
« Nous condamnons cette déclaration va-t-en-guerre d’un responsable de l’une des premières institutions » du pays, et « nous prenons la communauté internationale à témoin de tels agissements ».

PAR SIKOU BAH

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