En 2025, alors que 300 millions de personnes dans le monde auront besoin d’une assistance et d’une protection humanitaires urgentes, en raison de l’escalade de multiples crises aux conséquences dévastatrices pour les personnes qui en sont victimes, la mobilisation du financement est timide. Selon les dernières estimations, sur des besoins évalués à plus 44 milliards de dollars, soit environ 24 508 milliards de francs CFA, seulement 15% ont pu être mobilisés en faveur de 72 pays touchés.
Cette année, les Nations unies et les organisations partenaires lancent un appel de plus de 47 milliards de dollars pour venir en aide à près de 190 millions de personnes dans 72 pays. En 2025, l’assistance humanitaire est butée à une faible mobilisation financière.
Ainsi, l’ampleur des coupes budgétaires du premier trimestre 2025 a contraint la communauté humanitaire à hiérarchiser d’urgence ses interventions.
À cet effet, des pays ont revu leurs plans nationaux et régionaux en hiérarchisant les priorités afin de garantir que les ressources extrêmement rares soient affectées aux actions vitales et à la protection des personnes et des lieux qui en ont le plus besoin.
Ainsi, dans le plan global, ce sont 300 millions de personnes dont la situation nécessite de l’assistance. Près de la moitié d’entre elles se trouvent en état d’urgence, soit 144 millions d’individus. Leur prise en charge humanitaire est estimée à 29 milliards de dollars. Par ailleurs, la mise en exécution de ce plan global révisé nécessite une mobilisation de 44 milliards de dollars. À ce jour, 6,65 milliards de dollars de ce besoin ont été mobilisés, représentant 15%.
Avec des augmentations significatives du financement nécessaire pour répondre à l’escalade des crises dans le TPO et au Liban, la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord a maintenant besoin de 15,9 milliards de dollars, ce qui représente 34 % de l’Aperçu humanitaire mondial (GHO).
L’escalade de la crise au Soudan a augmenté les besoins de financement en Afrique de l’Est et en Afrique australe, qui requièrent désormais près de 12 milliards de dollars, tandis qu’en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, 7,6 milliards de dollars sont nécessaires, l’appel du Tchad augmentant en raison de l’arrivée continue de réfugiés soudanais.
L’Asie et le Pacifique ont besoin de 5,1 milliards de dollars, y compris une augmentation de l’appel du Myanmar, tandis que l’Europe a besoin de 3,3 milliards de dollars, en particulier pour l’Ukraine. En Amérique latine et dans les Caraïbes, les partenaires humanitaires demandent 3,6 milliards de dollars, y compris une augmentation significative du financement nécessaire pour Haïti, où l’escalade de la violence a entraîné une augmentation rapide des besoins.
Les humanitaires s’efforceront de cibler davantage de personnes en 2025 qu’au début de 2024, mais un grand nombre d’entre elles relèvent d’appels limités dans le temps et motivés par des catastrophes.
Sept appels éclairs/plans liés à des chocs climatiques se poursuivront au cours des premiers mois de 2025, soit 16 % des personnes ciblées dans le cadre du GHO 2025. Étant donné que ces appels/plans couvrent seulement trois à sept mois de l’année, leurs coûts sont inférieurs à ceux des plans annuels, ce qui réduit le coût global par personne du GHO 2025.
Suivant les besoins globaux de 44 milliards de dollars exprimés, à mi-année, le financement de ce plan révisé est à seulement 15%. Face à cette triste réalité longtemps décriée par les organisations humanitaires, au moins une dizaine de pays ont modifié à la baisse leur ambition.
En revanche, notre pays fait partie de ceux qui ont maintenu leur objectif. À cet effet, sur une population de 4,7 millions d’individus ciblés, 13,9% d’entre eux ont pu être atteints. Et le taux de mobilisation de fonds est chiffré à 10,3%.
PAR SIKOU BAH