« Les erreurs de la France au Mali », c’est le titre du dernier ouvrage de l’ancien président de la délégation spéciale du district de Bamako, Balla TRAORE, officier supérieur de la police à la retraite. Paru dans les ‘’Éditions Postille’’, cet ouvrage de 125 pages qui dénonce la déstabilisation, la manipulation des dirigeants, les accords commerciaux, les rébellions orchestrées par la France au Mali. La cérémonie de présentation et de dédicace a eu lieu ce samedi 30 août 2025, à la Maison de la presse.
Après ’’La grande naïveté de l’Africaine’’, Balla TRAORÉ revient avec une nouvelle partition intitulée ’’Les erreurs de la France au Mali’’.
Paru aux ’’Editions Postille’’, ce recueil met en exergue les stratégies malsaines de la France au Mali. Il aborde trois thèmes majeurs avec des sous-thèmes relatifs à ’’La stratégie française au Mali’’ ; ’’La guerre de libération, pas guerre contre le terrorisme’’ ; ’’L’AES, une victoire incertaine’’, ’’L’Afrique un continent riche, mais pauvre’’ ; ou encore à ’’La démocratie, la plus grande manipulation de l’histoire’’, etc.
L’auteur est un officier supérieur de la police à la retraite, non moins ancien président de la délégation spéciale de la mairie du district de Bamako.
« Ils ont eu une chance inouïe avec la fameuse opération Serval. Tout le monde se rappelle ici après Serval, les gens étaient contents, on applaudissait. Il y avait des drapeaux français, certains ont donné le nom de leurs enfants à Hollande. Après Serval, les Maliens n’avaient rien à refuser à la France. Quelle erreur ils ont commise. Ils (ndlr, français) ont dit non, non, on va continuer quand même, parce que les régimes peuvent changer. Peut-être, ils peuvent revenir sur leur déclaration. Allons-y. Ils ont maintenu le même cap qui est la partition du Mali. Ils ont mal jugé l’opinion malienne », a expliqué l’auteur.
Dans sa démarche, la France, de l’avis de M. TRAORE, a certainement oublié qu’elle a mis 30 ans à conquérir notre pays pendant la période coloniale alors que dans d’autres cas, cela n’a pris que quelques mois.
« Ils n’ont pas pu lire l’homme Malien, le caractère des Maliens, la résilience des Maliens, l’amour profond des Maliens pour leur pays », a-t-il tranché, insistant sur une mauvaise lecture du Mali et de l’histoire du Mali.
Pour lui, ce qui s’est passé dans les années 60 montre que l’agenda était très clair : la partition du nord du Mali.
« Nous savons que c’est resté une constante, que ce soit la droite ou la gauche qui gouverne la France, il y a des fondamentaux qui sont restés. Faire en sorte que cette partie soit la réserve en hydrocarbure et en gaz de la France dans le futur. Leur réserve à eux. Pour y parvenir, la solution était très simple. Faire la partition. Comment faire la partition ? Encourager, soutenir une rébellion », a-t-il révélé.
Face à cette situation, l’auteur se demande où va le droit international alors que la même situation est interprétée différemment selon les pays et les contextes.
« Tout le monde est unanime pour dire que la rébellion est quelque chose de négatif pour un pays. Quand une partie de la Catalogne a voulu faire sécession, tout le monde s’est levé pour dire non. Mais la même chose arrive au Mali, tout le monde laisse faire », a-t-il déploré.
Pour lui, cette politique de deux poids, deux mesures s’explique par la position de la France qui est à l’origine de toutes les rebellions au Mali.
« Que ça soit la rébellion ou le terrorisme, si vous enlevez le rôle joué par notre ancien colonisateur, tout va tomber », a-t-il accusé.
Il a expliqué que nous avons mis du temps à comprendre que la France tenait le double langage et faisait le double jeu entre les rebelles et le Mali.
« En étant, à la fois, celui qui met le feu, et celui qui prétend gérer la crise, on a passé 9 à 10 ans dans l’impasse », a-t-il souligné.
De son avis, en tant que Maliens, nous pensions qu’il y a des choses qui ne se font.
« Peut-être que c’est notre défaut que certains appellent naïveté. Cette erreur nous a couté très cher. Ça nous a pris 9 ans en train d’accepter chez nous celui qui est la cause de notre malheur », s’est-il lamenté.
Heureusement, dit-il, la prise de conscience a commencé avec l’avènement de l’internet et des réseaux sociaux.
« Les gens sont arrivés à la conclusion que ça ne peut être que la France qui soit derrière ce qui se passe au Mali», a indiqué M. TRAORE.
Pour certains intervenants, ce livre-là doit être traduit et publié sur les réseaux sociaux pour permettre à beaucoup, notamment des Français, de comprendre.
Cette cérémonie de lancement a été marquée par des témoignages des amis et collaborateurs de l’auteur, des questions de compréhension des invités.
Par Abdoulaye OUATTARA