Les enseignants, les étudiants et le personnel administratif de la Faculté des sciences économiques et de gestion (FSEG) ont été briffés, le jeudi dernier, sur le contenu du Cadre stratégique de la refondation de l’État 2022-2031. La restitution a été faite par le ministre de la Refondation de l’État, chargé des relations avec les institutions, Ibrahim Ikassa MAIGA, et son collège délégué auprès du Premier ministre, chargé des réformes politiques et institutionnelles, Fatoumata Sékou DICKO. L’occasion a été saisie pour recenser les préoccupations des universitaires pour améliorer le contenu du document.

Dans ses propos introductifs, madame le ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des réformes politiques et institutionnelles, Fatoumata Sékou DICKO, a expliqué que c’était par devoir de redevabilité que le gouvernement avait décidé d’expliquer aux forces vives de la Nation la teneur du document-Cadre et de la Stratégie adoptée pour conduire le processus de changement déjà amorcé. Elle a fait savoir que sur le plan organisationnel, les autorités de la Transition ont déjà traduit cette volonté en acte à travers la création du dispositif de pilotage gouvernemental et la création et l’installation du Comité indépendant de suivi-évaluation de la mise en œuvre des recommandations (CINSERE-ANR).
« Nous appelons tous les acteurs maliens, plus spécifiquement le monde universitaire, dans tous ses compartiments, à pleinement s’impliquer pour une application efficiente des actions de Refondation pour la coconstruction de notre Mali Kura », a appelé madame le ministre, avant de soutenir que le bénéfice et les retombées de la refondation profiteront en premier lieu à la jeunesse.
‘’Les acteurs chargés de l’éducation et de la formation de cette jeunesse sont aux premières loges pour la réussite de la refondation. D’où l’importance de vous approprier ce document-cadre, de le maitriser, de contribuer à en divulguer la teneur et de créer ainsi les conditions d’une participation inclusive et d’un contrôle citoyen à grande échelle pour réussir un changement qualitatif de système, de méthode et de comportement pour un Mali souverain et émergent, le Mali Kura’’, a déclaré la ministre chargée des réformes politiques et institutionnelles.

Le ministre de la Refondation de l’État, chargé des relations avec les institutions, Ibrahim Ikassa MAIGA, a fait une présentation du contenu du document portant Cadre Stratégique de la Refondation de l’État et ses Plans d’action. Il a rappelé que les Assises nationales de la refondation avaient été l’occasion de faire le diagnostic de l’état de notre pays avant de proposer des solutions globales sous forme de recommandations.
Aux dires du ministre de la Refondation, à travers la concrétisation des 517 recommandations issues des ANR, les autorités de la transition s’engagent à remettre debout le Mali progressivement.
‘’Nous allons nous mettre au travail, car personne ne viendra faire ce travail à la place des Maliens. Désormais personne ne parlera au nom des Maliens à la place des Maliens. Nous reprenons notre souveraineté et notre indépendance. Déjà sur le plan sécuritaire, la peur a changé de camp, car ce sont les FAMa qui terrorisent les terroristes’’, a déclaré le ministre MAIGA.
Le ministre a largement expliqué les 5 axes prioritaires du Cadre stratégique de la refondation de l’État. Ces axes sont entre autres : gouvernance, réformes politiques et institutionnelles ; défense, sécurité, paix, réconciliation et cohésion sociale ; croissance économique et développement durable ; capital humain, genre et inclusion sociale ; jeunesse, sport, culture, artisanat, tourisme, constitution citoyenne.
Après avoir écouté attentivement la présentation, les universitaires ont exprimé leurs préoccupations. Il s’agit entre autres du mécanisme de suivi des différentes actions mentionnées dans le document ; la prolifération des écoles supérieures privées dont beaucoup ne respectent pas les normes ; la place de l’Accord d’Alger dans la refondation ; les écoles secondaires qui n’enseignent aux élèves que les matières d’examen alors que ceux-ci ont besoin d’autres connaissances ; les effectifs pléthoriques à la FSEG et l’insuffisance des infrastructures ; la place de l’enseignement supérieur dans la refondation ; la subvention de la recherche scientifique…
Le représentant du comité AEEM de la FSEG a évoqué avec amertume qu’aucun passage dans le document ne fait référence à la défense des intérêts des étudiants. Il a attiré l’attention des autorités sur l’insuffisance des infrastructures universitaires. Ce qui fait que les étudiants font 6 ans au lieu de 3 ans pour avoir le diplôme de la Licence. Aussi, le leader estudiantin n’a pas manqué de dénoncer le retard dans le payement des bourses des étudiants.

PAR MODIBO KONÉ

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