Après plus de six mois de réflexion et de travail acharnés, le projet de Charte nationale pour la paix et la réconciliation nationale a été officiellement remise, le mardi après-midi, au président de la Transition. Un moment historique placé sous le signe de l’unité, de la souveraineté retrouvée et de l’engagement collectif pour la construction d’un Mali apaisé.
C’était au cours d’une cérémonie présidée par le Chef de l’Etat lui-même, Assimi GOITA, au CICB, en présence des membres de la Commission de rédaction de la Charte ; des membres du gouvernement ; des chefs des institutions de la République ; des membres du corps diplomatique accrédité au Mali ; des autorités et légitimités traditionnelles, etc.
Pour la circonstance, la salle des milles places a refusé DU monde en plus des stands aménagés dans la Cour du CICB et la salle de presse pour contenir l’immense foule qui avait fait le déplacement.
Le projet de Charte nationale pour la paix et la réconciliation, fruit de plus de six mois de consultations à l’échelle nationale et dans la diaspora, a été restitué aux forces vives de la nation, le dimanche 20 et le lundi 21 juillet, lors d’un atelier national présidé par le Premier ministre Abdoulaye MAÏGA.
Ce mardi 22 juillet 2025, le document a été transmis au Chef de l’Etat au Centre international des conférences de Bamako (CICB).
Une annonce décisive
L’idée de cette Charte, porteur d’espoir, découle du discours à la nation du président de la transition, le 31 décembre 2023.
Dans cette adresse, le Chef de l’Etat avait appelé à une réappropriation du processus de paix et de réconciliation nationale après la dénonciation de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale au Mali issue du processus d’Alger, déclaré caduc.
Ainsi initié, le dialogue inter-maliens pour la paix et la réconciliation nationale s’est déroulé entre février et mai 2024 sans interférence extérieur sur l’ensemble du territoire national ainsi que dans les ambassades et consulats. Parmi les recommandations de ces assises, figurent la rédaction d’une Charte pour la paix et la réconciliation nationale.
Le projet de Charte pour la paix et la réconciliation nationale constitue un guide pour le renforcement de la paix, de la sécurité, de la cohésion sociale, du vivre ensemble et de l’unité nationale.
Sa vision est celle d’une nation souveraine réconciliée dans un État reconnu, reposant sur une gouvernance démocratique juste et efficace.
La charte nationale affirme dans son préambule l’attachement du peuple malien à son unité à son histoire à sa diversité et à ses valeurs culturelles.
Une démarche inclusive
Pour ce faire, la commission de rédaction, composée d’experts et de personnalités issues de toutes les couches de la société, a consulté les Maliens à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.
Le président de la Commission de rédaction, Ousmane Issoufi MAÏGA, a salué un document « inclusif », construit autour des principes de la Constitution de 2023, notamment l’intégrité, la justice et la solidarité.
Dans un contexte de tensions sécuritaires persistantes au nord et au centre du pays, les autorités entendent faire de cette Charte un levier de la refondation de l’État et de cohésion nationale.
« Cette charte est l’expression d’un rêve collectif : celui de la paix durable, de la réconciliation nationale et de la cohésion sociale », a déclaré le président GOÏTA.
Ce texte est le fruit d’un processus de dialogue national inclusif, mené « à l’abri de toute ingérence extérieure », avec une volonté claire de tourner la page des crises passées.
Une nouvelle ère pour le Mali
Le chef de l’État a lancé un appel à l’unité et à l’engagement de tous : « La paix, la réconciliation et la cohésion nationale sont les conditions indispensables à la refondation du pays et à son développement. Le Mali a besoin de tous ses enfants ».
Ce projet de charte marque ainsi une nouvelle étape dans la transition en cours et trace les contours d’un avenir que le président Goïta veut « fonder sur l’humanisme, la solidarité et la dignité retrouvée du peuple malien ».
À travers cette initiative, le Mali affirme son engagement à tourner la page des conflits passés pour bâtir un avenir fondé sur la cohésion sociale et la prospérité partagée.
Le projet de Charte, désormais entre les mains du Président de la Transition, ouvrira la voie aux pas concrets vers la paix et la réconciliation.
Le Projet de charte sera examiné par le CNT
Ce document sera envoyé incessamment CNT. Une fois voté, il deviendra ainsi la Charte nationale pour la paix et la réconciliation national. Dans la foulée, le président Assimi a annoncé la création d’un observatoire nationale, chargé du suivi, de la surveillance et de la mise en œuvre de cette Charte. Une structure qui sera probablement dirigée par l’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi MAIGA, maitre d’œuvre de la Charte.
Par Abdoulaye OUATTARA