Le Premier ministre, Choguel Kokalla MAÏGA, a profité de la 7ème Session ordinaire du comité de supervision de l’initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE-MALI), tenue le jeudi 11 avril pour avancer des raisons à la suspension des activités des formations politiques et des associations à caractère politiques. Tirant des leçons des agissements des partis politiques, notamment en 2012, le gouvernement a pris cette mesure en vue d’éviter toute démoralisation des militaires au front, à travers les remous politiques à Bamako.
Aussi, le chef du gouvernement dont la tête a été réclamée par une partie importante de la classe politique a indiqué que tout n’est pas possible sous le couvert de la démocratie, surtout au Mali où elle est utilisée pur tuer la démocratie.
Par ailleurs, Choguel MAÏGA est revenu également sur la forte interpellation des partis politiques appelant la fixation des dates des élections pour le retour à l’ordre constitutionnel. Estimant que la durée de la transition est arrivée à terme, ils exigeaient un nouveau départ avec notamment la mise en place d’une transition civile. En revanche, pour le Premier ministre, il n’est pas question à ce stade d’aller à une élection.
Selon lui, il faut impérativement atteindre au moins un niveau de stabilisation de non-retour et avoir les conclusions des travaux du Dialogue inter-Maliens.
Nous vous proposons un extrait de l’intervention du Premier ministre.
« Tous les Maliens ont suivi la brillante conférence de presse du ministre d’État sur la suspension des activités et des activités à caractère politique des associations.
Il y a un grand bruit autour de cette décision sur les réseaux sociaux. Il y a des Maliens qui comprennent, d’autres ne comprennent pas, mais tous les Maliens ont besoin d’explication.
Au Mali, on est habitué à dire que c’est la démocratie. On pense que sous le couvert de la démocratie tout est possible ; or souvent, c’est la démocratie qui est utilisée pour tuer la démocratie. C’est pour cela que le gouvernement redouble forcément de vigilance.
Au Mali, dans les débats politiques, il y a deux tendances. Il y a ceux qui pensent que la priorité est le recouvrement de la souveraineté du pays. Il fallait donc renforcer la sécurité, les réformes, que le recouvrement de la souveraineté devienne un processus irréversible.
De l’autre côté, il y a une partie des Maliens qui demandaient à cor et cri de faire tout de suite les élections. Ils étaient appuyés par la Communauté internationale, naturellement la CEDEAO. Le gouvernement a décidé qu’après la phase de la stabilisation de non-retour, un point suffisamment stable pour pouvoir organiser les élections. Dès que le Mali à recouvrer l’intégrité de son territoire et sa souveraineté, le président de la transition a immédiatement tiré les conséquences d’ordre politique, stratégique qui consiste à dire qu’il ne suffit pas de conquérir par la force le territoire. Il faut la gérer. Le président a mis en place le comité de dialogue inter maliens. Les résultats du travail de ce comité plus l’atteinte du niveau de stabilisation de la stabilisation du pays sont les conditions sine qua non pour fixer la date d’une élection. Pendant que ces deux processus sont en cours, les Maliens doivent comprendre que l’existence de notre nation doit nous conduire à aider ces deux processus à arriver à leur terme. Ceux qui sont décidés à faire en sorte que le processus de recouvrement du Mali arrive à un point de non-retour avant d’aller à quoique ce soit. Le dialogue inter-Malien doit déposer ses conclusions auprès du président de la transition. La combinaison de ces deux solutions qui permettront au gouvernement de décider quand est-ce qu’il faut aller aux élections. (…) Pendant que des soldats sont au front, les remous politiques peuvent les démotiver. On a vécu ce scénario récemment. En réalité, nous sommes en train de tirer les leçons récentes de notre pays. En 2012, pendant que des soldats mouraient sur le terrain, il y avait des activités, des meetings pour dire aux militaires de décrocher, de ne pas se battre. Cela contribue à la démoralisation des militaires ».
PAR SIKOU BAH