Oublié le conflit fratricide de décembre 1985, les deux pays les plus pauvres du monde se faisait la guerre pour une bande de terre, place à la volonté des deux peuples de réaffirmer leur indépendance et leur souveraineté face à la junte française en poussant au summum leur coopération et leur intégration économique et politique. Si les héritiers de la Guinée de Sékou Touré étaient absents de la rencontre, l’idée d’une Afrique unie et solidaire a germé. Le narratif des officiels ne laissent aucune place quant à leurs ambitions fédéralistes. Jusqu’où vont-ils aller le Mali et Burkina ?
Le Premier ministre, chef du gouvernement Choguel Kokalla Maïga a été reçu en audience ce vendredi 24 février par le Président de la Transition, Chef de l’Etat du Faso, S.E. le Capitaine Ibrahim Traoré. C’était en présence du Premier ministre du Burkina Faso, S.E.M. Apollinaire Joachim Kyélem de Tambela et de plusieurs membres des Gouvernements du Burkina Faso et du Mali.
Il s’agissait selon un communiqué de la Primature de rendre compte au Chef de l’Etat, des conclusions du Conseil des ministres conjoint qui se venait de se tenir à l’initiative des deux chefs du gouvernement. A l’ordre du jour de ce 1e Conseil des ministres le processus de transition, les questions sécuritaires et de lutte contre le terrorisme, les questions humanitaires, la coopération régionale et les sanctions communautaires et enfin le projet de fédération.
Ce Conseil des ministres est inédit dans l’Histoire de la coopération entre nos deux pays. Pour le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, il ne fait aucun doute que le Mali et le Burkina partagent un idéal commun. « Le fédéralisme, visée ultime de nos autorités communes sera étudiée et fera l’objet de discussions à l’occasion de la prochaine commission mixte Mali-Burkina prévu à Bamako. » a laissé entendre Choguel Maïga. Mme son de cloche de la part de son hôte burkinabé. Face à la volonté des peuples et de leurs dirigeants de réaliser l’intégration politique des états, plus de place à l’hésitation, les gouvernements du Mali et du Burkina travaillent déjà à baliser le chemin. Selon Me Apollinaire Joachim Kyélem Tambela «une grande commission mixte va bientôt se réunir à Bamako pour baliser, renforcer la coopération et faire en sorte que les pas que nous posons puissent être plus au moins définitifs et qu’il n’y ait pas un retour en arrière. C’est ça notre objectif. Pendant le temps des Transitions au Mali et Burkina Faso, nous fassions comprendre à nos peuples et au monde entier que désormais nous regardons dans la même direction. De sorte que, quel que soit les pouvoirs qui vont venir, qu’ils ne puissent pas défaire ce que nous avons posé comme jalons dans le sens de la rencontre entre les deux peuples. Pour être clair, nous sommes engagés dans la fédération de nos deux pays et nos chefs nous ont donné des instructions, voilà pourquoi nous avons rencontré notre chef d’Etat pour faire part de la synthèse de nos travaux.»
Si contrairement au Faso, le Mali « peut conclure avec tout État africain des accords d’association ou de communauté́ comprenant abandon partiel ou total de souveraineté́ en vue de réaliser l’unité́ africaine », la Constitution des deux pays est claire : «aucune procédure de révision ne peut être engagée ni poursuivie lorsqu’il est porté atteinte à l’intégrité du territoire». Faisant face dans la zone des trois frontières avec son lot quotidien de morts et de désolation, au pire terrorisme suscité, entretenu et financé par qui on sait, les autorités du Mali et Burkina, s’ils sont légalistes, malgré leurs enthousiasmes vont devoir attendre de triompher contre hydre avec la mise en œuvre de tout projet.