Les dépôts des dossiers pour les concours de recrutement ont sein des forces armées et de sécurité ont débuté ce lundi 23 octobre 2023. Avec la grande affluence dans les lieux où les dossiers sont réceptionnés, l’on n’a l’impression que tous les jeunes du Mali dont décidé de postuler. Aussi, les commissariats et les maries sont bondés de jeunes à la recherche des pièces administratives pour constituer leur dossier de candidature. Nous avons fait le tour de certains lieux, le mardi 24 octobre, pour constater de visu le calvaire des candidats.

Nous sommes arrivés à la direction régionale de la police nationale à 6h05 exactement. A notre arrivé, un homme était au bord du goudron avec une fiche sur laquelle il enregistrait les candidats par ordre d’arriver. Cela, pour mettre de l’ordre au moment de la mise en place du rang. Des files qui peuvent faire des centaines de mètres.
Comme on le dit le plus souvent, l’occasion fait le larron. Des vendeurs ambulants saisissent l’occasion pour se faire de l’argent. Des vendeurs de timbres et de fiches de demande ; des photographes qui font les photos d’identité surplace ; des vendeurs de sachet d’eau, de gâteaux et de fruits ont pris d’assaut les lieux de dépôt des dossiers.
Bien qu’il soit prévu de commencer les dépôts à 7h30 minute, jusqu’à 16heures le travail n’avait pas encore commencé. Pire, les jeunes candidats ne sachant pas que faire, étaient sous un soleil ardent.
Madiè Fané, après deux jours dans le rang, nous a témoigné ceci : « Presque tous les dépôts se font par relation ». Selon elle, le premier jour après la pause de 13h aucun dossier n’a été réceptionné. Du moins, les dossiers de ceux qui étaient dans les rangs.
Très épuisée, celle qui était à la première place du rang n’a pas voulu nous adresser la parole. Un autre a affirmé qu’elles avaient passé deux nuits devant cette direction, sans succès.

Les Katois, quant à eux, se plaignent de l’absence d’un lieu de dépôt de la police nationale dans leur localité.
A notre passage, pendant que le rang des garçons filait peu à peu, celui des filles ne bougeait pas.
À 11h, le troisième groupe des filles composé de 10 personnes n’était toujours pas sorti, alors que celui des garçons avait dépassé la moitié du rang.

Après une dizaine de minute à l’intérieur, Nakadia a pu déposer ses dossiers. Mais, elle nous a fait savoir qu’elle avait passé la journée du lundi sur place.
« Tonton policikè, cette fille ne fait pas partie du rang. Elle vient d’arriver tout de suite. Nous ne pouvons pas accepter qu’elle s’insère dans le rang. Qu’elle aille faire la queue ! », s’est révoltée une fille en pantalon, soulevant ses papiers sur la tête en guise de parasol pour se mettre à l’abris du soleil.
Le même scénario se passait au niveau du 1er arrondissement et à la direction nationale de la protection civile à Sogoniko.

PAR AMINA SISSOKO

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