A l’instar des autres pays, le Mali a célébré l’édition 2025 de la journée mondiale contre l’hépatite virale. C’était à la faveur d’une conférence de presse tenue, ce vendredi 25 juillet à l’OMS. Elle a été l’occasion pour les acteurs de faire un rappel sur l’épidémie et de sensibiliser sur l’accès aux services de dépistage et de traitement.

C’était en présence de Dr Niaboula KONE, représentante du représentant de l’OMS au Mali ; de Dr Boullagui TRAORÉ, conseiller technique au ministère de la santé et du développement social ; Dr Madina KONATE, coordonnatrice de la Cellule Sectorielle de Lutte Contre le VIH/Sida, la Tuberculose et les Hépatites Virales (CSLS-TBH); du professeur Moussa Y DICKO, CHU Gabriel TOURE; et de Abba TOURE, vice-président de SOS Hépatite…
Dans son allocution, la coordinatrice Madina KONATE a indiqué, la journée mondiale contre l’hépatite virale est l’occasion d’intensifier les efforts internationaux de lutte contre les maladies, d’encourager l’engagement des individus, des partenaires et du grand public, ainsi que de souligner le besoin d’une riposte mondiale plus énergique.
Célébrée le 28 juillet de chaque année par les Etats membres de l’OMS, cette 25eme édition a retenu comme thème national « une génération sans hépatite : agissons dès la grossesse ».
Un thème qui, pour la coordinatrice, s’inscrit dans le cadre de la prévention de la transmission de la mère à l’enfant ainsi que la triple élimination de l’Hepatite Virale, et du VIH.
Se référant à l’analyse de la situation des Hépatites virales au Mali par l’OMS en 2020, dont une prévalence de l’hépatite B estimée à 12,1% soit 2 500 000 personnes infectées et celle de l’hépatite C à 1,3% soit 300 000 personnes infectées, la chef de la CSLS-TBH dira, ces statistiques placent notre pays en zone de forte endémicité.
Malheureusement, la plupart des personnes ne connaissent pas leur statut sérologique vis-à-vis des hépatites virales, seulement 5% des cas sont diagnostiqués dans le monde, a déploré la Dr Madina.
« Aujourd’hui, nous avons le pouvoir de faire en sorte que ces personnes connaissent leur statut et éviter la transmission » a-t-elle signalé ; tout en donnant l’exemple sur le dépistage de l’hépatite B,
« Quand s’est diagnostiqué à temps, nous ferons en sorte de briser la chaîne de transmission et de maintenir cette personne en bon état de santé durant toute sa vie sans avoir de complications », a rassuré Dr KONE ; ajoutant que ce patient mènera une vie normale et sans être considérée comme un malade mais porteur du virus de l’hépatite.
C’est pourquoi, la coordinatrice de la cellule n’admet point qu’une mère puisse transmette certaines pathologies à son enfant comme l’hépatite virale B ou le VIH.
Ainsi elle est revenue sur les effets et modes de transmission ainsi que les traitements de cette maladie infectieuse.
Explique -t-elle que l’hépatite virale est une inflammation du foie provoquée par des virus distincts (A, B, C, D, E,). Mais, a-t-elle fait savoir, la stratégie mondiale vers l’élimination de l’hépatite virale met plus spécifiquement l’accent sur le B et C.
Selon Dr KONE, l’hépatite virale B se transmet par voie sexuelle, voie sanguine et par voie verticale de la mère au nouveau-né (pendant la grossesse, à la naissance et pendant la période périnatale) ; et l’hépatite virale C se transmet surtout par voie sanguine.
Les infections par les virus de l’hépatite B et C se singularisent par la possibilité de passage à la chronicité. Toutefois, Dr Madina a rassuré qu’il existe bien des traitements contre l’hépatite B et C, ainsi qu’un vaccin contre l’hépatite B.
Pour sa part, le professeur Moussa Y DICKO a indiqué que plusieurs déterminants de la santé influent sur le cours des endémies virales B et C :il s’agit du faible niveau d’instruction et l’insuffisance d’information par les médias qui limitent l’accès aux connaissances sur les hépatites virales ; les déterminants comportementaux comme le non-respect des mesures universelles (Précautions) dans les procédures de soins, pratiques d’actes non médicaux entraînant une effraction cutanée (tatouages, scarifications, excision…), partage d’objets de soins corporels dans les familles ou dans les communautés (brosses à dents, rasoirs, matériels d’épilation, serviettes, gants de toilette…).
Quant à de Dr Boullagui TRAORÉ, il a rappelé, le but de la lutte au Mali, qui est d’endiguer les hépatites afin qu’elles ne constituent plus une menace de santé publique pour le pays et cela en lien avec la cible trois (3) des ODD 2030 et la stratégie mondiale d’élimination d’ici à 2030.

PAR AMINA SISSOKO

 

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