A l’appel des activistes de la transition quelques centaines de personnes se sont rassemblées, ce mardi 8 Avril 2025, devant l’ambassade de la République populaire et démocratique d’Algérie à Bamako. Cette manif est consécutive à l’agression de notre à travers la destruction d’un de nos drones par l’armée algérienne pour protéger une réunion de terroristes qui planifiaient des attentats contre le Mali et l’AES.

Au nom des «forces vives de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel» (on ne sait à travers quel mandat), les manifestants étaient allés exprimer leur profonde indignation, leur colère et leur ferme condamnation «suite à l’énième acte d’hostilité manifeste perpétré par l’Algérie contre le Mali souverain, contre l’AES, à travers l’abattage d’un drone appartenant aux Forces Armées Maliennes (FAMa), engagé dans une mission légitime de sécurisation de notre territoire, avec les autres forces de la Confédération».
Il s’agit, disent-ils, d’une provocation inadmissible de la part d’un pays voisin, que nous considérions comme frère, avec lequel nous partageons des liens historiques profonds avant de déplorer la sanctuarisation de l’Algérie devenue «base arrière à des groupes armés terroristes, qui sèment la mort et le chaos dans le Sahel, déstabilisant les États légitimes, entravant le développement et compromettant la paix durable dans la région».

Cette manifestation qui intervient après la convocation de l’ambassadeur d’Algérie dans notre pays, ce lundi 7 avril, par le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale pour élever une vive protestation contre cet acte hostile du régime algérien, à l’encontre du Mali à travers la destruction par l’Algérie d’un drone en mission ordinaire de surveillance du territoire.
Toutes choses qui confirment une nouvelle fois la collusion entre le régime algérien et les groupes terroristes qui reçoivent asile, protection et soutien de l’Algérie. A tout l’air d’une méprise et d’une maladresse diplomatique qui ne dit pas son nom.
En effet, si ce n’est pas une manif officielle, à l’appel du gouvernement, la présence de certains activistes-insulteurs officiels, transformés pour la circonstance, en vuvuzelas nationaux, et la large couverture de Bozola ne trompent personne sur une main généreuse d’en haut pour le financement de ça. Mais pour quelles retombées ?
La manif aurait gagné davantage en crédibilité si elle avait rassemblé au-delà du cercle des affidés de la transition.
Bien qu’il s’agisse d’une cause nationale, chacun sait que nous sommes loin du 14 janvier 2022 où personne n’avait motivé personne à sortir.
Parce que les Maliens sont nombreux à avoir l’impression que leur Mali-kura appartient à ces haut-parleurs arrogants sur les réseaux et qu’ils n’y a de Maliens que ceux font allégeance platement.
La beauté et l’essence du discours des manifestants tranchent hélas avec celles des images. D’une part, celle des insulteurs attitrés de la transition qui ne représentent pas le Mali et celle des drapeaux étrangers qui ont été arborés lors de ce rassemblement. En tout cas, elles tranchent avec le narratif et l’ambition souverainistes du Mali et des Maliens.
Nous sommes les descendants de glorieux empires, d’intrépides héros qui ont façonné le passé et la gloire de notre continent (de Kaya Makan Cissé à Mansa Moussa (l’homme le plus riche du monde), ou à Mandé Boukari II (celui qui a découvert l’Amérique avant Christophe colombe), ou encore à Sonni Ali et Askia Mohamed qui ont bâti l’un des empire le plus vaste d’Afrique précurseur de l’unité Africaine dont le président Modibo Keita est l’un des artisans… Nous sommes, fumes, nous sommes et le serons.
Peut-être. Nous aimons beaucoup trop faire référence à l’histoire, mais nous ne tirons aucun enseignement de l’histoire. Tout ce dont nous nous énorgueillirons a été bâti grâce au génie, à l’effort et au sacrifice de notre peuple, de nos ancêtres.
La charge historique ne doit pas être qu’émotionnelle et passionnelle, elle doit nous obliger, à assumer ce passé, à nous approprier et d’être responsable de l’héritage, de le sauvegarder et d’en être pas que fiers, mais aussi dignes. C’est pourquoi, le président Modibo Keita a dit que le Mali ne sera que ce que nous en ferons.
Car nos ancêtres ont fait leur devoir, c’est à nous de rester dans le sillon qu’ils ont tracé et de rehausser leur héritage. Mais voilà… comme si nous étions maudits, nous ne nous envisageons un avenir qu’à travers le secours (dème) des autres nations notamment les toubabs et les arabes.
Pour nous sauver des djihadistes, on fait appel à la France. L’aide de la France n’a pas suffi (biŋe ŋinina sen bɛ biŋe yen kan…), on fait appel à l’ONU. On s’est enfoncé davantage avec plus 55.000 soldats étrangers venus nous aider ka anw bo bola. Pour nous séparer des forces encombrantes, amorphes et complices occidentales et leurs supplétifs, on a appelé les Russes au secours.
Le job est presque parfait. Mais la présence de nos partenaires incommode l’Algérie au plus haut point. Alors, il laisse tomber le masque et se range du côté des terroristes.
Profitant d’un ciblage de leaders terroristes planifiant des attentats contre le Mali, l’Algérie perd son sang-froid et abat un de nos drones.
Pour protester contre l’Algérie, les manifestants, pardon, les activistes, et les partisans du régime qui ont appelé à manifester devant l’ambassade, ce mardi à Bamako, ont choisi de brandir des drapeaux russes et marocains.
Pour la petite histoire, il y avait plus de drapeaux marocains que maliens. Une aubaine pour l’Algérie de dire que la foule des badauds était manipulée par son ennemi intime, le Maroc.
Au-delà de l’escalade diplomatique, la drôle de manifestation pour le drone abattu nous amène à cette réflexion : quand est-ce que le Mali comptera sur lui-même ?
Notre fierté et notre dignité de Maliens auraient été exaltées si à la place des drapeaux marocains, les manifestants avaient brandi des drapeaux maliens ou de l’AES.
C’est devenu un refrain presque national, de dire qu’on soutient les FAMa, on est derrière les FAMa; mais qu’est-ce qui le prouve ?
Aucun étendard de notre vaillante armée n’était visible lors de cette manifestation.
Pourtant, c’est un drone de l’armée qui a été abattu.
Notre attitude est drôle, à la limite du puéril. Réveillons-nous. C’est à nous de bâtir, pardon de rebâtir cette nation et sa grandeur.
Nous ne pouvons pas continuer à faire appel aux autres pour faire notre travail et assumer notre responsabilité à notre place.
Arrêtons d’être naïfs. Avant la rupture des liens diplomatiques entre le Maroc et l’Algérie, survenue en août 2021, les échanges commerciaux officiels s’élevaient à 5.3 milliards de dirhams (530 millions de dollars), environ 300 milliards… sans compter le commerce arabe.
Comme tous ceux qui pensent comme lui, le président Assimi doit souffrir de voir son peuple tel dans une malédiction penser que son salut vient de l’extérieur.
Comme le disait Ballaba : an t’an cié Siri, an t’an cté Siri. Mogosi te nan an bo Bolo là. Ni min ye an bo Bolo, o an mara.
Quel genre de patriote frelatés sont-ils ces manifestants qui mettent à l’encan la fierté et la dignité du peuple et des FAMa pour marcher sous les drapeaux d’une autre nation ? Le monde nous regarde, l’Afrique compte sur nous, nous sommes le troisième pilier de l’AES. Nous n’avons pas le droit de décevoir.

Par la Rédaction

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