Suite à une saisine, le vérificateur général a initié une vérification financière et de conformité de la gestion des entrepôts maliens au Sénégal (EMASE), au titre des exercices 2021, 2022, 2023 et 2024. Elle avait pour objectif de s’assurer de la régularité et de la sincérité des opérations de recettes et de dépenses. À l’issue de la vérification, la mission a découvert un trou de plus de 200 millions de FCFA.
Les travaux de vérification ont porté sur les opérations de passation, d’exécution et de règlement des marchés, la gestion des subventions, l’exécution des dépenses de personnel et les opérations de collecte des recettes.
Le rapport du VGAL souligne que les irrégularités administratives décelées relèvent des dysfonctionnements du contrôle interne. Ainsi, l’on apprend que la Direction générale des marchés publics et des délégations de service public a autorisé la passation d’un marché par entente directe sans respecter les conditions requises.
Les EMASE sont accusés d’avoir ouvert cinq comptes bancaires sans l’autorisation du ministre chargé des Finances. De même, les EMASE ne respectent pas les dispositions du fonctionnement des régies.
Par ailleurs, le rapport note que les EMASE ont effectué des acquisitions sans contrat écrit. « Les EMASE ne respectent pas les procédures de passation des marchés publics. L’Agence comptable des EMASE produit des informations comptables et financières non fiables. La Délégation du contrôle financier auprès des EMASE n’élabore pas de rapport de réception dans le cas requis », accuse le vérificateur général.
Quant aux irrégularités financières, le rapport souligne que le montant total s’élève à 216 700 000 FCFA. Ces irrégularités s’expliquent par le fait que l’Agent Comptable des EMASE n’a pas justifié des dépenses ; le Directeur et l’Agent Comptable des EMASE ont respectivement ordonné et payé une dépense de travaux sans document de réception ; le Directeur des EMASE a fractionné des prestations de travaux.
Face à ces irrégularités, le Vérificateur général a dénoncé et transmis au Président de la section des comptes de la Cour suprême et au Procureur de la République du Pôle national économique et financier les faits relatifs au paiement de dépenses non soutenues par des pièces justificatives pour un montant total de 16 960 000 FCFA ; au paiement d’une dépense de travaux sans document de réception pour un montant de 4 540 000 FCFA ; au fractionnement de dépenses de travaux pour un montant total de 195 200 000 FCFA.
PAR MODIBO KONÉ