La Maison du Hadj a-t-elle floué les pèlerins ou est-elle victime d’une manipulation médiatique malveillante ? La comparaison des tarifs du Hadj 2023, n’est pas à son avantage. Mais dans la guerre informationnelle livrée à notre pays a-t-on tenu compte de tous les paramètres de la comparaison ? L’intégrité des données chiffrées a-t-elle été respectée ? Nous avons pisté pour éclairer sur une arnaque communicationnelle.

Il ne restait plus que ça pour que les juifs maliens aient l’idée de magouiller pour faire fortune sur le dernier pilier de la Religion. Ah, le Mali Kura, c’est quand la foi et la piété foutent le camp, dans l’indifférence globalisée et moquée sur les réseaux sociaux. Dès lors faut-il s’étonner que Iyad et Amadou Kouffa traitent tout le monde de Kafir ? L’affaire n’est pas simple, car elle va du simple au double. Et par les temps qui courent, économiser des millions pour aller à la Mecque n’est pas donné à tout le monde. Alors c’est très facile de mettre la possibilité religieuse sous le coup du prix du Hadj qui prend l’ascenseur au grand dam de l’État laïc qui fait le spectateur alors que de l’autre côté de la frontière, on a pitié des futurs pèlerins, en tout cas on ne les escroque pas.
Pour appeler le chat par son nom, pour beaucoup de Maliens piaillent sur les réseaux sociaux, 4 millions c’est de l’arnaque au même moment où les «Fadew» ne proposent que 2 millions aux leurs pour se rendre aux lieux saints de l’Islam, s’acquitter de leur devoir envers Allah.
En effet, depuis quelques jours il se dit sur les réseaux sociaux que pour le Hadj 2023, il faut débourser la faramineuse somme de 4,5 millions au Mali, 2 millions en Côte d’Ivoire et Sénégal et 1,8 million au Niger.

Mais comme c’est une affaire de Dieu, et non de politique, aucun chef religieux habitué du boulevard n’a daigné perdre son temps pour opiner là-dessus ne serait-ce que dans son Koutouba. Faut-il comprendre qu’ils broutent tous là-dedans ? Que nenni, que nenni piaffe la Direction Générale de la Maison du Hadj qui martèle à qui veut l’entendre que l’Etat n’a pas vocation à réaliser des bénéfices encore moins à gruger le pèlerin malien. Les 4 millions demandés c’est pour, dit-elle, « assurer aux musulmans maliens candidats au Hadj 2023 les meilleures conditions de séjour en Arabie Saoudite : hôtels cinq étoiles à Médine et à la Mecque (très proche des lieux de culte et ne nécessitant pas de frais de transport urbain), restauration de qualité, package de niveau D à Mina, Arafat et Mouzdalifa ».
Nous n’avons rien à cacher. Les tarifs sont vérifiables. Ce n’est pas juste s’esclandre la Maison du Hadj qu’on compare ce qui n’est pas comparable. Si comparaison il y a, elle doit se faire sur des bases réelles et objectives : les transports choisis, l’hébergement et la restauration, par exemple. Tandis que les pèlerins ivoiriens et sénégalais sont transportés par leurs compagnies nationales (Air ivoire et Air Sénégal), les nôtres doivent déboursés pour « le prix du billet Bamako-Médine, Djeddah-Bamako coûte environ 1 350 000 FCFA ». Ceux qui font des tableaux comparatifs ont-ils indiqué et expliqué pourquoi le Mali n’avait pas de compagnie aérienne nationale dans la case correspondante ?
En effet, c’est très facile de casser le sucre sur le dos de la Maison du Hadj et de la faire passer comme le juif de l’ingénierie religieuse, mais a-t-on vérifié si les prix exhibés sont exacts, et s’ils sont exacts s’ils ne sont pas simplement subventionnés ? Le lièvre levé par la direction de la Maison du Hadj a effectivement de longues oreilles.
En effet, contrairement au Mali, beaucoup de pays musulmans d’Afrique subventionnent le tarif du Hadj. Il en est ainsi du Tchad, du Niger, du Ghana, du Nigéria, de la Côte d’Ivoire… Notre voisin, depuis le temps de Laurent Gbagbo subventionne le Hadj. Selon le post d’un confrère sur Facebook, l’État ivoirien subventionne à hauteur de 2,1 millions le Hadj sans compter que le pays dispose d’une compagnie nationale qui transporte ses pèlerins. Toutefois selon Kassoum Thera, « pour la filière privée en Côte d’Ivoire, le pèlerin doit débourser 5 525 000 FCFA». Selon lui, «au Sénégal, chaque pèlerin doit débourser cette année 4 600 000 Fcfa pour accomplir le 5e pilier de l’islam, même si, ce n’est pas officiel pour le moment. En 2022, le Sénégal était à 4 600 000 Fcfa contre 3 982 000 Fcfa pour le Mali… ». A quelques milliers de CFA près les chiffres sont corrects.
En effet, selon le site internet www.au-senegal.com, le prix du Hadj de l’année 2022 variait entre 4 200 000 FCFA et 12 000 000 FCFA au Sénégal. Cette année, le prix du Hadj risque certainement de connaitre une légère hausse, conséquence de la crise internationale qui secoue actuellement le monde et de la cherté du transport aérien.
Pour le Hadj 2023, selon une publication en date du samedi 25 février 2023 du site internet sénégalais www.impact.sn intitulé « L’Etat fixe les modalités du pèlerinage aux Lieux saints de l’islam » : « le pèlerinage aux lieux saints de l’islam pour l’année 2023 aura lieu entre le 26 juin et le 2 août. Il ne sera possible que pour les personnes nées après le 30 juin 1957. Le package est à 4 millions 540 mille FCFA ».
Moussa NDIAYE (un sénégalais, sur Twitter) à propos du Hadj 2023, explique que « en 2007 année de mon pèlerinage, il y a 16 ans, on avait fixé le prix du package a deux millions cinq cent mille (2.500.000) FCFA. Les derniers chiffres pour 2023, on est à quatre millions cinq cent quarante mille (4.540.000) FCFA. Une hausse de plus de 81% en 16 ans. Puisque personne ne régule, l’année prochaine on atteindra surement la hausse de 100%… ».

Rappelons dans les grandes lignes que pour l’édition 2023 du Hadj, l’Arabie Saoudite signe des accords avec 19 pays. Mais le Mali ne fait pas partie de ce lot. Cet accord signé avec 19 pays islamiques, pour le Hadj comprend les quotas alloués à chaque pays, les ports, et les moyens d’arrivée, et de départ des pèlerins en provenance de ces pays, de même que les procédures les plus importantes régissant les affaires du Hadj. Il vise à continuer les efforts déployés par l’Arabie-saoudite pour faciliter l’arrivée des pèlerins, d’améliorer la qualité des services qui leur sont fournis, et d’enrichir leur voyage religieux, pour atteindre les objectifs des programmes Saudi Vision 2030. Pour ce qui est des quotas, la Côte d’Ivoire a eu un quota de 10.000 pèlerins, le Sénégal 12 860 pèlerins et le Mali 13.323.

PAR ABDOULAYE OUATTARA

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