Dans la cadre du mois d’octobre, mois de la Solidarité et de la lutte contre l’exclusion, l’Association malienne des personnes de petite taille (AMPPT), en collaboration avec la FEMAPH, a initié ce lundi 23 octobre 2023, une conférence débat sur le thème : « L’Education Inclusive des Élèves de Petite Taille dans les Établissements Scolaires Publiques et Privés », au CICB. L’événement, qui était couplé à la célébration du quinzième anniversaire de l’AMPPT, a été une occasion d’attirer des autorités et les acteurs de l’école sur les enjeux de la scolarisation des enfants vivants avec un handicap, notamment ceux de petite taille.
L’ouverture des débats était présidée par le président de l’AMPPT, Mme Diarra Kady BARRY, membre du CNT ; en présence du représentant de la mairie de la 28e édition du mois de la Solidarité et de la lutte contre l’exclusion, Mme Touré Lobbo TRAORE ; de l’ancien ministre imam Oumarou DIARRA ; de Aboubacar Sidiki FOMBA, membre du CNT ; du représentant de la mairie de la commune III.
Dans son mot de bienvenue, Kady BARRY a rendu hommage à l’ancien président de la République, feu ATT, qui nous a quittés le 10 Novembre 2020.
A travers cette rencontre, il s’agissait de jeter un regard sur les problèmes rencontrés au quotidien par les personnes qui portent en elles une différence, notamment en matière d’éducation.
L’occasion a été opportune pour Mme Kady d’exprimer ses pensées pieuses pour toutes les vies humaines et les familles endeuillées par faute de paix et de stabilité dans notre pays depuis une décennie.
Dans son propos, elle a rappelé que cette cérémonie s’inscrivait dans le cadre de la 28e Édition du mois de la solidarité et de la lutte contre l’exclusion dont le thème national est : «La Solidarité au Service de la Paix, de la Stabilité et du Développement du Mali Kura ».
«En effet, sans solidarité, la vie ne serait qu’un chemin pavé de désespoir, de marginalisation, de misère et d’exclusion pour de nombreux citoyens dont les personnes vivant avec un handicap», a soutenu Kady BARRY.
Les personnes de petite taille, conscientes de cette réalité, a-t-elle expliqué, multiplient les actions de sensibilisation et de plaidoyer à l’endroit des communautés et des décideurs pour favoriser leur participation sociale par la promotion de leur accès aux services sociaux de base (éducation, santé, emploi etc.) à égalité de chance avec les autres.
«Considérée comme objet de curiosité, de mépris, victime de dédain voire d’exclusion, la fréquentation scolaire pour nous est une véritable corvée en raison du regard porté sur nous par la société », a décrié Kady BARRY.
Cette tribune comme à l’accoutumé a aussi été un espace de plaidoyer pour les responsables de l’AMPPT, de faire le bilan annuel des activités.
Ainsi, avec l’appui de l’ANPE et l’APEJ, l’association a initié des formations sur l’Entrepreneuriat, la Gestion des Projets, le Développement Personnel.
Avant de terminer, Kady BARRY a tenu à exprimer sa gratitude aux partenaires de son association, au chef de l’Etat, le Colonel Assimi GOÏTA, pour son soutien inlassable aux personnes handicapées en général et particulièrement aux Personnes de Petite Taille, ainsi qu’à l’ensemble du gouvernement.
Le représentant de l’ancienne première dame, Mme TOURE Lobbo TRAORE, l’ancien ministre Alou Badra MACALOU, a réaffirmé l’engagement de la Fondation pour l’Enfance à accompagner les membres de l’AMPPT.
Selon lui, l’école élargit les horizons pour les enfants vivant avec handicap, leur permettant de réaliser leurs ambitions.
Au niveau de l’école, a-t-il relevé, un certain nombre d’obstacles doivent être levés pour la scolarisation des enfants handicapés, à savoir : faciliter l’accessibilité aux salles de classes ; construire des infrastructures adaptées à leurs besoins ; veiller à construire des toilettes appropriées. Pour lui, il demeure urgent d’adopter les salles de classe de table-banc adaptés.
Pour sa part, le conférencier, Barthélémy SANGALA, que depuis la déclaration Salamanque (Espagne) en 1994, le monde entier, a-t-il rappelé, s’est engagé à offrir une éducation de qualité à tous ses enfants.
«Pour qu’une éducation soit inclusive, il y a des paramètres sur lesquels il faudrait y travailler, à savoir : le paramètre personnel enseignants ; le paramètre aménagement raisonnable, le paramètre outils pédagogique, etc.
Le ministère est inlassablement engagé à mener ce combat», a-t-il décortiqué.
D’ailleurs, le document du PRODECII, a-t-il fait savoir, a prévu tout un chapitre d’actions pour la promotion de l’éducation inclusive au Mali. Toutefois, a-t-il reconnu, l’atteinte de son objectif est un combat de longue haleine qui appelle l’engagement de tous les acteurs de l’école.
Par Abdoulaye OUATTARA