Nous ne cesserons jamais de le rappeler !
Le Mali est un vieux Pays de traditions , de civilisation et de pratiques ancestrales qui ont forgé au fil des millénaires son humanisme , son prestige et sa place privilégiée dans l’histoire de l’Afrique et de l’humanité.
Cet humanisme est la quintessence de la Charte du Mandé ou Charte de Kouroukanfougan qui codifia la vie sociale d’une manière plus hiérarchisée , plus organisée et plus cohérente , et qui figure aujourd’hui sur la liste du patrimoine immatériel de l’humanité .
Dans nos sociétés depuis cette époque , certaines catégories de personnes jouissent d’une immunité totale en qui concerne les outrages ou offenses à quiconque , du chef de famille au Mansa lui même.
Ces personnes les « Nyamakala « sont des dépositaires des traditions , de la parole et régulateurs de la vie sociale , à ce titre ils peuvent tout dire.
Autrefois , la seule personne qui pouvait réprimander , ironiser et même être grossier avec le Mansa , c’était son « griot « ! De même que le chef de famille , de quartier ou de tribu !
Le « Nyamakala « était craint pour la férocité des mots qui pouvaient sortir de sa bouche car ils portaient le « niama « mais il ne pouvait jamais être ni réprimandé ni puni pour cela par son « Djatigui « car cela était un « Tana «.
Le mardi 22 juillet 2025 , au moment où le Président de la transition interminable évoquait la Charte de Kouroukanfougan pour magnifier sa Charte pour la Paix et la Réconciliation rédigée en petit comité loin des acteurs principaux , cette tradition millénaire d’immunité perpétuelle du « Nyamakala « consacrée par l’article 43 de cette même Charte de Kouroukanfougan recevait un sérieux coup de canif de la part de la justice malienne ! Cet article qui «…..autorise Balla Fasséké à plaisanter avec toutes les tribus en priorité avec la famille royale .»
Le mardi 22 juillet 2025 en effet , la justice de la transition a envoyé en prison trois des plus prestigeuses cantatrices de notre Pays avec qui soit dit en passant nous n’avons aucun rapport personnel ni de près ni de loin : Babani Koné l’une des plus anciennes , Mariam Bâ et Binguini Bagaga pour injures réciproques et atteintes aux mœurs .
La justice de la transition par cet acte s’est elle même rendue coupable de violation de la Charte du Mandé et d’atteinte aux traditions ancestrales au moment où nous prétendons célébrer le Malikoura par le retour aux sources !
On ne met pas en prison un « Nyamakala « pour ses paroles bonnes ou mauvaises et qui sont sa raison d’être .
Surtout que les « Nyamakala « disposent depuis toujours en leur sein de juges de paix que sont les « Nyamakala kountigui « , autorités morales chargées de veiller au bon fonctionnement , à la discipline et à l’entente entre les porteurs de la parole .
A défaut de ce tribunal interne , l’Etat dispose lui même de beaucoup d’autres moyens de pression sur ces artistes autres que la prison pour les faire revenir à la raison en cas de dérives.
Décidément le Malikoura n’a plus aucun « Tana « aucun tabou : après les Imams voilà les « Nyamakala « qui goûtent à leur tour à la déchéance de la prison victimes expiatoires d’une transition à la recherche de légitimité , de crédibilité et de performances socio-économiques.
Pendant ce temps , des citoyens sont insultés , traînés dans la boue , vilipendés , menacés de mort sur les réseaux sociaux au vu et au su de tous , par des vidéomen , saltimbanques auxiliaires du régime ou des membres non élus du CNT sans conséquence aucune ! De nombreux signalements sont faits et des plaintes déposées mais aucun d’eux n’a été inquiété à ce jour .
Qui n’a pas vu ces derniers jours sur
les réseaux sociaux le multirécidiviste dénommé Tahirou Bâ traiter l’ancien Premier Ministre Choguel Maïga de « Danka dén original « ?
Qui ne voit pas tous les jours un célèbre bonimenteur pseudo journaliste de radio thuriféraire zélé de la transition , mis sous mandat de dépôt pour outrage à un chef d’Etat étranger ensuite condamné à six mois de prison fermes , se pavaner dans les rues de Bamako et environnants , après seulement quatre jours de détention sous le fallacieux prétexte de la raison de santé ?
Alors , Justice où es tu ?
Libérez nos « Nyamakalas « et occupez vous des vrais problèmes du Mali qui sont si nombreux et d’une si ardente acuité !
Dougou bla ka fissa ni lada wili yé !
Malick Touré
Administrateur Civil