Ces dernières semaines, comme un challenge, de nombreux individus sur les réseaux sociaux expriment leur ras-le-bol sur les conditions d’accueil déplorables dans nos centres de santé publics. Face à ces dénonciations, la ministre de la Santé et du développement social, Assa Badiallo TOURE, a annoncé ce jeudi 29 mai la mise en place d’un dispositif formel de réception des plaintes, signalements et dénonciations afin de lutter contre ces comportements qui contrastes avec le Serment d’Hippocrate.
On se souvient d’une maman en larmes qui s’en est pris à un agent de santé. Dans une vidéo devenue virale, on la voit dénoncer l’opposition de ce dernier à la consultation de son enfant malade au motif qu’ils devaient procéder à la montée du drapeau national. Après sa dénonciation, toujours sur les réseaux sociaux, elle revient à la charge avec une autre vidéo pour appuyer davantage ses affirmations. Celle-ci montre l’attitude méprisante de l’agent de santé déclarant ceci : « ceux qui ne peuvent pas attendre peuvent aller. Ici, ce n’est pas une clinique privée. Nous allons monter notre drapeau ».
Pas que cette vidéo. Il y a aussi l’histoire rapportée par l’influenceuse et actrice Alima TOGOLA dans une vidéo de quelques minutes. Elle y évoque le cas de patients en situation d’urgence à qui l’on aurait refusé les soins tant qu’aucune déposition n’était faite auprès des autorités policières. Dans une courte vidéo largement diffusée, elle interpelle : « Dans l’urgence, on s’occupe de tout, sauf du patient ». Une attitude en contradiction avec les principes fondamentaux de la médecine, dont la déontologie impose la primauté de la santé du patient sur toute autre considération.
Ces cas sont illustratifs des cauchemars des patients dans les centres de santé où les conditions d’accueil sont loin d’être reluisantes, sans compter le manque de plateau technique.
C’est dans ce contexte tendu que la ministre de la Santé et du développement social, à la Maison des Aînés, à l’occasion d’un atelier de recyclage et d’information tenu ce jeudi, s’est prononcée sur ces dénonciations. Lors de cette rencontre regroupant divers acteurs du secteur socio-sanitaire ainsi que des partenaires techniques, autour de deux priorités : l’accueil des patients et le respect scrupuleux des normes d’hygiène dans les établissements publics de soins, la ministre a rassuré que des mesures seront prises pour sévir.

À cet effet, elle a rappelé que la qualité des soins ne saurait être dissociée de la qualité de l’accueil. « Un regard bienveillant, une parole apaisante, un geste respectueux : voilà ce que chaque patient est en droit d’attendre », a-t-elle affirmé, insistant sur le rôle essentiel de l’humanité dans la pratique médicale.
Prenant acte des nombreux témoignages de maltraitance ou de négligence, madame le ministère a annoncé la mise en place d’un dispositif formel de réception des plaintes, signalements et dénonciations. Afin de garantir un traitement rigoureux des doléances, elle a invité les usagers à fournir des informations détaillées (nom de l’agent incriminé, date, heure et service concerné) pour un traitement efficace.
« Nous serons désormais attentifs aux cris de souffrance des patients », a assuré Assa Badiallo TOURE, ajoutant que cette initiative s’inscrit dans une volonté plus large de modernisation du système de santé malien.

PAR SIKOU BAH

 

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