Alors que les appels se multiplient en vue de la reconstitution de la grande famille, le président de l’Alliance Pour la République (APR) lors de sa tradition de rupture collective de jeune a affirmé sans équivoque que la démarche est sans meilleur lendemain. Pour cause, selon lui, les positions des partis politiques issus de l’Adema sont très divergentes. 

Dans le cadre du mois béni de Ramadan, l’Alliance Pour la République (APR) a organisé, le dimanche 24 mars 2024, à son siège à Bamako, une rupture collective de jeûne. Outre les responsables, militants et sympathisants de l’APR, les hommes de médias ont pris part également à cette cérémonie de rupture collective de jeûne. Une occasion pour le président de l’APR d’évoquer l’actualité politique du pays où, regrette-t-il, un narratif est élaboré pour jeter l’opprobre sur la classe politique. Malheureusement, s’est-il lamenté, rien n’est fait pour déconstruire ces discours. Or, il y a de la matière pour le faire.

Il a rappelé à cet effet que de nombreuses réalisations ont été faites par les acteurs politiques en faveur du bien-être de la population. La preuve, alors ministre de la Santé, il a pu construire des centres de santé et des hôpitaux dans de nombreuses localités dont les contributions au bien-être de la population sont capitales.

« Nous avons fait le gouvernement. Nous savons ce que nous avons réalisé dans ce pays. On ne peut pas venir nous dire que rien n’a été fait. J’ai été ministre de la Santé, on ne peut pas me dire que l’hôpital du Mali, je ne l’ai pas construit, on ne peut me dire que l’hôpital de Sikasso, je ne l’ai pas construit, tu ne peux pas me dire que l’hôpital de Sévaré, je ne l’ai pas construit, et tout ce que j’ai fait à San, Yanfolila, Kolondièba dans un laps de temps… », s’est-il remémoré.

Dans tous les cas, le rôle de la classe politique doit être déterminant dans la gestion du pouvoir, a soutenu M. TOURE.

Se tenant après la décision de l’APR d’aller en alliance politique avec l’Union pour la république et la démocratie (URD), Oumar Ibrahim TOURE en a profité pour préciser qu’une commission sera mise en place pour discuter en profondeur les aspects pratiques de mise en œuvre de cette décision politique. A ce stade, a-t-il précisé, c’est une alliance politique et non une fusion même si celle-ci n’est pas exclue.

« Une fois que ces questions sont réglées, on peut passer à la fusion. La fusion est une finalité qui peut prendre plusieurs années. On a toujours dit aux gens qu’on est d’accord avec la fusion. Mais, on fait la fusion-création, la création d’une nouvelle formation politique », a déclaré le président TOURE dont le parti avait envisagé de fusionner avec la CODEM, mais la tentative avait échoué.

D’ores et déjà, il informe que l’APR ne serait pas absorbée par une autre formation politique.

« On est déjà bien installé, on a toutes nos structures, on a notre vision. Notre projet de société est très clair. On peut défier tout autre parti politique de la place. On a tous les instruments qu’il faut. Que le parti qui souhaiterait qu’on soit ensemble ou qu’on fusionne, vienne et qu’on discute. On va créer une nouvelle formation politique. On veut mettre en place une alliance politique pour jauger tout cela, pour voir si on peut aller ensemble. Après, si on doit arriver à une fusion, on aura les termes de la fusion », a indiqué le leader de l’APR.

Par ailleurs, au moment où des voix s’élèvent de plus en plus pour appeler à la tenue des élections, l’APR estime que l’opportunité doit être donnée aux partis politiques de fonctionner conformément aux valeurs de la démocratie.

« Pour arriver à des élections, si le parti ne bouge pas, si le parti ne vit pas, ça ne sert à rien, vous allez demander les élections pour rien », a-t-il dit.

À la question de l’appel à la reconstitution de la grande famille Adema PASJ, M. TOURE est très sceptique quant à la finalité de cette démarche. Selon lui, l’atteinte de cet objectif est une utopie au regard de la forte divergence entre les partis issus de cette formation politique. En clair, il estime qu’il n’y a pas espoir que ce projet prospère.

« Par le passé, nous avions tenté, ça n’a pas marché. Je suis sûr que cet appel pourrait difficilement se réaliser. Je vois que nous allons peut-être évoluer chacun à son côté », a-t-il souligné.

Quant aux perspectives du parti, il a annoncé que l’APR se prépare à organiser deux activités phares dans les jours à venir dont une conférence sur la paix prévue le 24 mai 2024 à Mopti, date d’anniversaire du parti.

PAR SIKOU BAH

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