Le Musée national a abrité, le samedi 17 Mai, la conférence de lancement de la deuxième édition du prix Es Saheli. C’était en présence de la représentante du ministre de la Culture, Fatima Wallet AGHATAN ; de l’Ambassadeur d’Espagne au Mali, Antonio Guillén HIDALGO ; du directeur général de la mission culturelle de Tombouctou, El- Boukhari Ben Essayouti ; de la présidente du Jury architecture, Fatouma Harber…

Le prix Es Saheli a pour objectif de préserver les mosquées en terre contre toute forme de transformation, d’agression, de destruction ou d’abandon. Il s’agit de valoriser et promouvoir la richesse culturelle et l’importance historique et la diversité de ce patrimoine architectural soudano-sahélien.
De même, ce prix vise à sensibiliser, informer et éduquer les communautés, notamment les jeunes sur l’importance de la conservation de leur patrimoine.
Le directeur de la mission culturelle de Tombouctou, El- Boukhari Ben Essayouti, a souligné que nous avons le devoir de conserver, de protéger et de transmettre cette architecture aux générations futures. Il a fait remarquer que ce patrimoine a été détruit par les islamistes armés en 2012 et que des efforts ont été déployés pour refaire les bâtiments endommagés.
« Au-delà de ces destructions obscurantistes, il y a beaucoup d’autres phénomènes qui mettent cette architecture en danger. Il y a la pression démographique, le dérèglement climatique et l’effet de mode », a indiqué El- Boukhari Ben Essayouti, avant d’ajouter que le prix Es Saheli a été initié pour sauvegarder le patrimoine architectural de Tombouctou.
La présidente du jury architecture, Fatouma HARBER, a déclaré que ce prix est le fruit de la collaboration entre des passionnés du patrimoine culturel de Tombouctou.
’’Nous pensons qu’avec le prix Es Saheli, le patrimoine architectural malien sera défendu. Surtout quand on sait que ce patrimoine fait l’objet de beaucoup d’attaques’’, a-t-elle justifié.
Fatouma HARBER a expliqué que pour le prix Architecture, la première place sera récompensée par la somme de 400 000 FCFA accompagné d’une attestation et une plaquette.
Le deuxième prix est de 250 000 FCFA plus une attestation et une plaquette.
Pour postuler, souligne-t-elle, il suffit d’envoyer les photos et les renseignements sur une mosquée située au Mali. Une mosquée en terre de style soudano-sahélien au Mali et localisable.
Aussi, le comité de gestion de la mosquée doit être impliqué.
Fatouma HARBER a expliqué que le prix a pour but de valoriser la mosquée et que les 400 000 FCFA reviennent à la mosquée pour son entretien.
Le président de Jury catégorie photo, Tiécoura N’DAOU, a expliqué que ce prix vise à encourager les photographes maliens à s’intéresser au patrimoine. Il a invité les photographes à pointer leurs objectifs sur les mosquées en terre de style soudano-sahélien, surtout avec un regard artistique.
Comme critère, M. N’DAOU a expliqué que la mosquée photographiée doit être en architecture soudano-sahélien, avec tous les critères d’une bonne photo, mais également la motivation du photographe et le contexte dans lequel la photo a été faite bien détaillés.
Le premier dans la catégorie photo aura une somme forfaitaire de 150 000 FCFA et le deuxième empochera 100 000 FCFA. Les lauréats prendront part à un atelier de photographie qui sera initié par l’Ambassade d’Espagne au Mali.
Pour sa part, l’Ambassadeur d’Espagne au Mali, Antonio Guillén HIDALGO, a souligné qu’il est important de préserver la culture pour bâtir le futur. Selon lui, c’est une obligation pour nous de préserver l’héritage culturel pour les générations futures.
A son tour, la représentante du ministère de la Culture, Fatima Wallet AGHATAN, dira que ce prix, initié par l’Ambassade d’Espagne, est bien plus qu’une distinction. Selon elle, c’est un pont entre les mémoires partagées et les futurs à bâtir ensemble.
« En rendant hommage à Abu Ishaq al-Sahili, figure majeure du dialogue entre Tombouctou et l’Andalousie, ce prix célèbre l’héritage d’une culture ouverte, savante, bâtisseuse. Ce geste prend un sens tout particulier alors que l’année 2025 est consacrée à l’Année de la culture au Mali. Une année dédiée à la reconnaissance de nos artistes, de nos penseurs, de notre patrimoine, mais aussi à la coopération culturelle internationale. Le Prix Es-Saheli s’inscrit pleinement dans cette dynamique. Il en est une belle illustration, un acte concret de mise en valeur des talents maliens à travers une coopération féconde », a affirmé Fatima Wallet AGHATAN.

PAR MODIBO KONÉ

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