Face aux défis sécuritaires, climatiques et socio-économiques, le Projet de Résilience Communautaire et de Services Inclusifs au Mali (MALIDENKO) insuffle une dynamique inédite. Plaçant le citoyen au cœur de l’action, cette initiative, portée par le ministère de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale avec le soutien de la Banque mondiale, redéfinit les contours du développement local.
Moins de deux ans après son lancement, le constat est éloquent : le développement ne se décrète plus d’en haut, il se construit à la base. Grâce à l’approche du Développement Conduit par les Communautés (DCC), les populations de 6 régions, 28 cercles, 64 communes et 1 000 villages, fractions et quartiers s’approprient leur destinée.
Malidenko en chiffres
Les chiffres du dernier trimestre (juin, juillet et août) témoignent de cette effervescence sur le terrain : 2 776 assemblées générales ont mobilisé les habitants ; 902 comités de développement de villages, fractions et quartiers (CDVFQ) ont été mis en place ; 821 plans d’action de développement communautaire (PADC) ont été élaborés, débouchant sur la validation de 504 sous-projets par le Comité national de validation (CNV).
Sur le plan financier, la mobilisation est à la hauteur des enjeux. Sur une enveloppe globale de 88,59 milliards de FCFA, 25,11 milliards de FCFA ont déjà été décaissés, dont 5,25 milliards de FCFA virés directement dans les comptes communautaires pour concrétiser les aspirations locales.
Des réalisations concrètes
Loin des grands chantiers déconnectés des réalités du terrain, les premiers sous-projets validés répondent aux urgences quotidiennes des citoyens : l’accès à l’eau potable à travers des réseaux d’adduction d’eau (AEP), le renforcement de l’offre de soins avec de nouvelles structures de santé, ainsi que l’éducation et l’énergie pour dynamiser la vie communautaire.
Ils incluent également des aménagements agricoles et pastoraux, ainsi que des infrastructures marchandes et des unités de transformation locales (moulins et plateformes multifonctionnelles) pour stimuler l’économie de proximité.
À l’image de Fatma Mint Mohamed, présidente d’une organisation de femmes à Taoudenni, l’adhésion est totale.
« Pour la première fois, c’est notre village qui a décidé lui-même de son développement. Aujourd’hui, nous savons que le forage est notre projet, parce que nous l’avons choisi ensemble », a-t-elle témoigné.
L’inclusion des femmes comme boussole
Au-delà des infrastructures, MALIDENKO fait de la cohésion sociale sa pierre angulaire. Dans des zones marquées par des tensions intercommunautaires, les espaces de concertation ouverts entre agriculteurs, éleveurs, jeunes et personnes déplacées permettent de renouer le fil du dialogue et du vivre-ensemble.
L’autre grande réussite du projet réside dans l’inclusion des femmes. Exigée dès la conception des PADC, la participation féminine insuffle une efficacité nouvelle : plus de 45% du personnel de l’Unité de gestion du projet sont des femmes.
De même, 36% des membres des Comités de gestion des plaintes (CGP) et 38% des Commissaires aux comptes (CC) sont des femmes.
Vers une durabilité environnementale et sociale
Conscient des vulnérabilités climatiques du pays, le projet intègre rigoureusement les sauvegardes environnementales et sociales. Durant cette période, 166 screenings environnementaux ont été menés, assortis de l’élaboration de 82 plans de gestion environnementale et sociale (PGES) et de 83 codes de bonnes pratiques.
Alors que les prochains mois s’annoncent décisifs, avec l’accélération des chantiers sur le terrain et la mise en œuvre effective des sous-projets, MALIDENKO confirme sa trajectoire : faire de la résilience communautaire le plus sûr des chemins vers une paix durable au Mali.
Créé par décret officiel en avril 2025, le Projet de Résilience Communautaire et de Services Inclusifs au Mali (MALIDENKO) est une initiative publique d’envergure. Porté par le ministère de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, ce programme quadriennal dispose d’un budget global de près de 90 milliards de francs CFA, financé conjointement par l’État malien et la Banque mondiale.
L’approche de MALIDENKO rompt avec les méthodes de développement centralisées en s’appuyant sur le Développement Conduit par les Communautés (DCC), une méthode participative qui met directement le pouvoir de décision entre les mains des populations locales.
Les six régions d’intervention ciblées par le projet MALIDENKO se répartissent entre les zones nouvellement sécurisées du Nord (Tombouctou, Kidal, Taoudénit) et les zones vulnérables ou à risque du Sud, dont Kayes, Nioro du Sahel et Nara.
Ces territoires bénéficient directement des financements alloués aux infrastructures de base et aux investissements participatifs gérés par les communautés locales.
Par Abdoulaye OUATTARA









