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Résilience au Sahel: les femmes et les filles au cœur de la réponse aux crises

Face à la multiplication des chocs climatiques, sécuritaires et socio-économiques dans l’espace sahélien, les femmes et les filles ne se positionnent pas comme de simples victimes : elles constituent le véritable socle de la résilience

Face à la multiplication des chocs climatiques, sécuritaires et socio-économiques dans l’espace sahélien, les femmes et les filles ne se positionnent pas comme de simples victimes : elles constituent le véritable socle de la résilience communautaire et du relèvement économique local.

C’est pour répondre à cette urgence que le Réseau régional Justice and Dignity for the Women of Sahel (JDWS/JDFS), sous le haut patronage du ministère de la Famille et de la Solidarité (MFS) du Burkina Faso, pays hôte de l’édition 2026, et avec l’appui technique de la FAO Burkina Faso, a réuni 57 délégués et plus de vingt organisations lors d’un grand webinaire régional, ce samedi 24 octobre 2026.

Placé sous le thème « De la fille rurale à la femme actrice de résilience au Sahel : investir dans les droits, l’éducation, la protection et l’autonomisation face aux crises », l’événement s’inscrit dans le cadre de la commémoration des Journées internationales de la fille et des femmes rurales, prolongeant la dynamique de dialogue et de capitalisation engagée au niveau sahélien.

Les échanges ont mis en lumière plusieurs leviers opérationnels majeurs.

Dans la continuité des engagements de l’édition 2025, la Direction nationale de l’Équité et de l’Égalité de genre (DEEG) du Sénégal a partagé son expérience sur l’intégration transversale du genre dans la planification, la cartographie des services et la révision des procédures opérationnelles standardisées de prise en charge des violences basées sur le genre (VBG).

L’ONG Santé Globale (Mauritanie) a fait, de son côté, le bilan de ses interventions de santé communautaire et a rappelé l’impératif absolu d’un accès rapide aux soins d’urgence post-VBG, notamment pour l’administration de la prophylaxie post-exposition dans le délai strict de 72 heures.

Par ailleurs, la session a valorisé les retours d’expérience directs des coopératives rurales, avec notamment la projection d’une capsule vidéo sur les productrices de Djenné (Mali, séquence AADI), ainsi que les priorités opérationnelles portées par les délégations nationales du Burkina Faso, du Mali, du Niger, du Tchad, de la Mauritanie et du Sénégal.

Dans le domaine de l’agro-écologie, du pastoralisme et de l’accès aux ressources, les experts et partenaires (FAO, Kawtal) ont plaidé pour la sécurisation foncière durable des productrices rurales, le couplage des savoirs endogènes aux innovations techniques et l’intégration des droits des femmes pastorales face aux mutations climatiques.

Sur le plan de l’innovation technologique, la solution DEENAL est en phase pilote.

La rencontre a été marquée par une démonstration technique de la plateforme DEENAL (www.deenal.org/alert/index-fr.php), un outil numérique régional conçu pour l’alerte, la documentation et le référencement des cas de VBG et de violences facilitées par la technologie (VBG-FT).

Au chapitre de l’autonomie financière, le partenariat stratégique entre le Réseau JDWS et l’Association Timidwa a été mis en avant comme un modèle concret de valorisation des savoir-faire traditionnels.

Face aux déplacements forcés qui frappent le Sahel, cette synergie accompagne activement les femmes et les jeunes filles déplacées internes et réfugiées, notamment au camp de M’Béra, en Mauritanie, ainsi qu’au Mali.

Le Réseau JDWS y prendra part à travers des contributions institutionnelles et des interventions en panels thématiques, axées sur la résilience économique, la protection sociale et les droits des artisanes vulnérables.

Les organisateurs et partenaires ont lancé un vibrant appel aux décideurs, aux agences de développement, aux diasporas et au grand public pour venir visiter massivement les expositions de la SIAT et apporter un soutien direct à ces productrices d’exception.

Cette édition s’est conclue par l’établissement d’une feuille de route concertée à 90 jours, marquant la volonté commune des institutions publiques, des agences internationales et de la société civile de convertir ces échanges en actions mesurables pour la dignité des filles et des femmes du Sahel.

Par Abdoulaye OUATTARA

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