Le mouvement Appel du 20 février a rejeté avec véhémence la décision du retrait du Mali de la CEDEAO en déphasage, dit-il, avec les missions de la transition, mais aussi parce qu’elle émane d’un pouvoir « n’ayant aucune légitimité́ et ne disposant d’un quelconque pouvoir ou mandat, pour entraîner le pays dans une aventure aussi périlleuse ».

L’une des rares voix qui hausse le ton contre la transition, elle est bien celle de l’Appel du 20 février regroupant des organisations de la société civile, des partis politiques.
Elle a réagi, mardi dernier, dans un communiqué signé par son coordinateur, Cheick Mohamed Chérif HAIDARA, magistrat révoqué pour son association avec les partis politiques, sur le retrait de notre pays de la CEDEAO. Toujours d’un ton durcit, il rejette cette décision au motif qu’elle est signée le président Assimi GOÏTA qui, selon lui, ne bénéficie de telle légitimité et ne disposant « d’un quelconque pouvoir ou mandat, pour entraîner le pays dans une aventure aussi périlleuse ».
À cet effet, commente le coordinateur de l’Appel du 20 février, il n’est pas nécessaire d’attaquer en annulation pour excès de pouvoir une annonce sans commune mesure avec un acte juridique règlementaire habituel.
« En plus d’être une violation suffisamment grave des droits du peuple, ce retrait du Mali sous coup de tête de la CEDEAO, sans autre forme, en l’absence de toute consultation préalable requise, par le colonel Assimi GOITA, relève d’un chantage de plus, voire d’une arnaque de plus contre le Peuple malien désabusé », a indiqué Cheick Mohamed Chérif HAIDARA, très en désaccord avec les nouvelles autorités de la transition depuis plusieurs mois.
Les organisations de l’Appel dénoncent sans réserve cette décision « en déphasage avec les missions assignées aux autorités de la transition, à savoir l’organisation d’élections véritablement démocratiques en vue du retour à l’ordre constitutionnel, au terme du délai convenu, lequel a d’ailleurs été autoritairement et unilatéralement prolongé de 24 mois par les mêmes auteurs de putschs et coups d’État ».
Également, l’Appel du 20 février soupçonne la transition de « dessein de se maintenir au pouvoir par la remise en cause programmée de la forme républicaine de l’État ». Et d’ajouter : « En plus d’être une offense envers notre peuple, ce communiqué scandalisant et cavalier, plus que traduisant une volonté́ malsaine de se maintenir illégalement au pouvoir par des méthodes déloyales les plus basses, l’Appel le juge d’inadmissible en ce qu’il émane de Assimi GOITA, le colonel président de la transition militaire en arme, contre la démocratie et les valeurs républicaines ».
Au regard de ce qui précède, l’Appel du 20 février déclare ne pas se reconnaître de la décision du gouvernement de la transition du retrait du Mali de la CEDEAO.
« Dès à présent, les organisations de l’Appel du 20 février pour sauver le Mali, composantes à part entière de la nation, conscientes de leurs devoirs de responsabilités, sous réserve d’autres actions appropriées, se démarquent de ce communiqué diabolique et suicidaire, sans rapport avec l’intérêt général, aux conséquences lourdes, lequel ne saurait juridiquement engager le peuple du Mali », a déclaré le Coordinateur Cheick Mohamed Chérif HAIDARA.
Après l’annonce et la notification du retrait du Mali à la CEDEAO, l’Union Afrique, la Russie, la Gambie ont appelé au dialogue pour l’unité au sein de l’organisation sous régionale. L’Union européenne, pour sa part, invite les États de l’Alliance du Sahel à reconsidérer leur position.

PAR SIKOU BAH

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