En matière de désenclavement, c’est la reine des routes, la route nationale N°1. Elle relie la ville de Kayes à la capitale, Bamako et est longue d’environ 710 kilomètres. La RN1 part de Bamako, traverse Kayes, et continue jusqu’à la frontière sénégalaise à Diboli, où elle rejoint la route vers Dakar.
Depuis l’arrêt du train en 2018, c’est la seule voie pour rallier Kayes. Or, au regard de l’état de délabrement avancé de cette route incontournable pour l’économie nationale, les véhicules de transports de personnes et marchandises ont toutes les difficultés du monde aller dans la capitale des rails via Bamako, vice-versa. Or, chacun sait qu’elle constitue l’un des axes routiers les plus stratégiques du pays, pilier fondamental de notre économie nationale.
Chaque jour, ce corridor génère entre 1,2 et 2,5 milliards de francs CFA, à travers les droits de douane, les taxes sur les marchandises et les activités de transport. Cela représente jusqu’à 900 milliards de FCFA par an, injectés directement dans l’économie malienne. Et chaque jour d’inaction, ce sont des milliards perdus pour le Trésor public et pour les Maliens.
Malgré ces considérations, cette route vitale est aujourd’hui laissée à l’abandon. Les dégâts sont visibles, les pertes économiques sont considérables, et les populations locales souffrent d’un enclavement qui freine le développement.
L’axe Bamako–Kayes–Dakar étant une colonne vertébrale du commerce sous-régional, les autorités doivent prendre la mesure de la situation et en faire une des priorités de la transition. Dakar, est le premier port d’approvisionnement de notre pays, le train (voyageur et marchandise) étant à l’arrêt pour longtemps parce qu’un pont a cédé, la continuité du trafic national et international dépend de la viabilité de cette route. Et d’elle dépend notamment de nos importations via le port de Dakar.
Kayes-Bamako n’est pas un simple tronçon. C’est une artère économique vitale, un levier stratégique et une source majeure de revenus pour le pays.
Pour rappel, la dégradation des routes à Kayes a toujours été une préoccupation pour les habitants de la région et ce problème persiste depuis plusieurs années. Le regroupement des organisations de la société civile de la région de Kayes, avait lancé en août 2019 le mouvement SIRAKO qui a été le prélude de la contestation du régime de IBK et en mars 2021 le Mouvement « Je suis les routes de Kayes » avait aussi décidé de bloquer toutes les routes pendant 24 heures : Kayes – Sandaré – Diéma, Kayes – Yélimané, Sadiola – Kénieba, Kayes – Bafoulabé, Kayes – Diboli, Keniéba – Kita – Kati et Baboroto – Oualia – Toukoto – Kita.
PAR SABA BALLO